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la révolte des urgents - tristes

Etait-il "urgent" en septembre 2001 que nous réclamions notre dû , et de cette façon ?
Je sais ce que l'on va me dire, que je suis traître à ma cause et que j'ai, moi aussi ,empoché les dividendes de la fronde .....
Avions-nous besoin, en "urgence" là aussi, de vingt et trente pour restaurer notre dignité perdue ? Nos politiciens savaient, mieux que nous, que l'effet-nombre, triste conséquence du numerus clausus instauré par leurs soins, allait, inéluctablement, augmenter nos revenus . D'où probablement leur inertie à revaloriser à l'unité ce qu'ils nous feraient obtenir par la meute .... Or désormais il faut répondre à la meute . Celle à qui on a expliqué le coût de vingt euros mais pas celui d'un Rafale . Celle qui veut du soin .

Citoyens d'un monde pressé nous sommes, nous aussi . Administrés d'un monde ou n'obtient que celui qui hurle , tout autant probablement . Nous l'avons prouvé comme les coordinations paysannes avant nous.

Dans ce contexte là, qu'est-ce qui relève de l'urgence, qu'est-ce qui relève de l'exigence ?

" Payez-nous mieux, et nous pourrons ainsi travailler moins" . Ainsi s'inscrivait la stratégie de repli des soignants démotivés. Cette requète sera , de toute façon , battue en brèche par la démographie déclinante de l'offre et la frénesie galopante des "besoins" .

Nous avons probablement commis l'immense erreur de penser que nos souffrances avaient à béneficier d'un traitement spécifique pour pathologie non commune .....Alors que le mal est probablement plus pandémique. Jospin a été un très mauvais chef de service, mais nous avons été de bien mauvais internes.
La société est devenue une salle d'attente où tout le monde crie, avec plus ou moins de justification et n'attend plus son tour. C'est "cri et chochotements" . Le cri des corporatismes et la misère des "chochotes" .
Les vraies misères, elles , se chuchotent ( les médecins de nuit étrangers dans les hopitaux, pour ne citer qu'un exemple, le sort des vieux dans les hospices, le sort des détenus dans les prisons )

Or , le politique est lui aussi contesté dans sa vocation a estimer les besoins légitimes, il n'est plus que le "passeur" de besoins ressentis . Que la force de loi, comme celle , par exemple aboutissant à la judiciarisation de la médecine , ne pourra pas , à l'évidence mettre en musique ......

Nous sommes tous, médecins, non médecins, décideurs ou exclus , tous condamnés à l'irrésolution de la "pressé -ance" . La "pressé -ance" : l'impuissance des pouvoirs, l'arrogance pour le riche, la dernière cartouche pour le pauvre, à vouloir passer devant l'autre, par peur de manquer son tour, , comportements indignes tous confondus par la perte des autres valeurs, dont celle de la préséance, justement . La maladie, normalement avant le médecin et le malade normalement avec le médecin et le malade avant le braillard et le médecin avec le décideur avant le braillard . Or tout est à l'envers.

Nos débats sans fin sur le DE salvateur, et, à l'autre bout, sur le CMU profanateur, sur l'égalité des chances, ou sur la priorité aux manigances : nous n'en sortirons pas . MGVA, MGF, CSMF, UNOF , FMF et SMG et SNJMG . Consommateurs de soins insatisfaits et médecins consummés d'insatisfaction , tous confondus, nous sommes bel et bien devenus des urgents "tristes", pressés de tous cotés .

Dr Bruno Lopez - Fonsorbes


Derniére mise à jour : 29/09/02

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