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THSM : il faut maison garder

Quand l'artichaut du THSM aura été complétement épluché, et ,qu'une à une, les feuilles de cette "panacea" auront été arrachées, quand le distingo entre les équins et les bénins aura prouvé que seules les bonnes nouvelles d'Amérique sont à récuperer et les mauvaises à rejeter.... alors peut être pourrons -nous réflechir à la "physio-pathologie d'une intox" .

Les lendemains "rayonnants" de tel ou tel produit pharmaceutique sont nécessaires au paiment de sa recherche , ceci est incontestable . Le corps médical , par ce qu'il lui reste de prestige, sera toujours considéré comme l'indispensable relais promotionnel de telle ou telle découverte, qui sera déjà fondamentale à la survie puis à l'expansion du laboratoire promoteur .
Ce qui est relativement nouveau dans la promotion pharmaceutique est que la participation du médecin à la propagation de l'innovation thérapeutique relève désormais plus de la prise d'otage que de la stricte collaboration. Je ne parle pas là des prébendes qui ont toujours pollué la relation laboratoires-médecins. Je parle du "fait accompli" devant lequel le prescripteur est désormais placé, nécessaire fossile rendu docile à propager la pensée ambiante.

Les patients, les patientes dans le cas précis, ont été largement et durablement "imbibées" de la connaissance du "miracle à venir" par la presse de vulgarisation. Ceci probablement avant-même que l'info ne soit étendue aux "petits distributeurs" au rang desquels ce système semble désormais nous reléguer . Le statut du prescripteur généraliste a fait un peu penser à celui d'un petit exploitant de salle qui attend les spectateurs à l'approche de la sortie d'une super production, allez, disons le "Titanic" . Le film a été largement annoncé dans la presse, l'attente est fébrile, et les promesses de succès sont alléchantes.
A l'heure H, au jour J, les caissières des salles obscures, tout juste éclairées par ce fameux et hypocrite "colloque singulier" désormais doublé du nécessaire "consentement éclairé" peuvent guider les spectateurs vers le dernier fauteuil restant au fond de la salle, la dernière ampoule de vaccin hépatite B que le pharmacien a complaisement mis de coté pour une bien hypothétique indication chez une "bonne cliente".

Le consentement éclairé par la petite lanterne du généraliste qui a eu peu de temps, peu de documents, et de pouvoir finalement, pour contester le démarrage de la séance permet au consommateur d'innovation de trouver son siège, et de démarrer la séance bien sanglé dans le discours de la pharmaco -pulence .

L'histoire du THSM commença comme " Love story", se poursuivit comme " Too much a do about nothing", et ressembla finalement, de par son argumentaire foireux à un " guère épais " sans Tolstoï et sans Bondartchouk : une sorte de "TOLS" -toy story de mauvaise facture.

Elle se termine aujourd'hui , avec l'étude W H I en odyssée du Titanic. Une gigantesque claque à l'"arrogance -based" medecine.

En toute chose, il faut raison garder . S'il faut aussi "maison" garder, c'est de notre maison médicale qu'il faut nous prévaloir, de notre objectivité, de notre perspicacité. Notre rôle n'est surement pas d'être les petits projectionnistes ou les petites ouvreuses de "l'industrie du film", qu'il soit oestro ou télé -génique, et maintenant les deux . "Feminine for ever" pourquoi pas , c'est leur rêve, nous y avons contribué . "Candides as always", "docteurs patchs enclownés" , là c'est notre responsabilité . Ces gens -là nous ont, bel et bien, enduits en erreur !



Dr Bruno Lopez - Fonsorbes


Derniére mise à jour : 24/09/02

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