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A un vieux grognard....

A Chatel Guyon, lors des "états généraux des us et coutumes de la médecine génerale", ou plutôt "du triste et coutumier état, en géneral, des héros usés", un vieux militant de MGF, de ceux - là mêmes qui s'interdisaient de prononcer le mot 77 ( de peur qu'on en profane l'usage) , m' avait répondu avec agressivité, au simple motif que j'ose dire qu'il fallait abandonner la fibre, aussi sacerdotale qu'irresponsable, de la permanence des soins à tout prix. Il disait, à qui voulait l'entendre, que le "devoir" du généraliste était de rester proche de ses patients. Et j'avais beau lui répondre que les temps, les gens et le sens du mot soin avaient changé, il ne voulait point en démordre. Ensuite, sur le chemin du repas, il me confiait excédé : "si tu savais ce que j'en ai plein le c....l des gardes" Cette affaire du renoncement aux gardes, c'est, un peu, comme ces histoires de "sens du devoir", non pas "sens" en terme de "perception" de son devoir, mais "sens" comme l'on évoque le "sens d'une enveloppe", celui "de la marche", ou celui d'une carte magnétique", nécessaire à ouvrir la barrière des parkings.

Je crois qu'il y a une sacrée bande de cyniques, quelque part qui, depuis la nuit des temps, ont dû savoir dans quel "sens" il fallait employer l'"utilitaire" généraliste, comme on savait si bien délivrer la croix du mérite aux disparus, et comme on accorde si bien la légion d'honneur aux habitués des garden-parties. Comment on pourrait, encore quelque temps,ce généraliste- là, le plier en quatre avant de le rouler dans la farine, le gruger à grandes brassées de morale, à grands renforts d'évidence, sur le "caractère irremplaçable de tous ces braves gens" qui, quoi qu'on en dise, ne trouveront pas plus relève à leurs pieds qu' écoute à leur chevet. Et qui , de toutes les façons, ne seront pas remplacés.


Dr Bruno Lopez - Fonsorbes


Derniére mise à jour : 12/07/02

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