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Qui nous emploie ?

Qui est notre employeur ?

De la difficulté de cette simple question et du fait de notre incapacité à y répondre clairement et collectivement, on peut certainement tirer un trait définitif sur la capacité des médecins français à trouver un jour un syndicat "digne" de les représenter... Et y trouver une explication à la "fronde" contre toutes les forces syndicales qui essaient de "relayer", avec plus ou moins de bonheur, les aspirations de la base, sans froisser pour autant les partenaires auxquelles ces forces se sont plus ou moins implicitement liguées, du fait de la versatilité de leur base.

===> sommes -nous employés des caisses ?
Nous le sommes, sans le moindre doute en totalité, pour la partie de la population qui bénéficie d'une couverture sociale pour laquelle elle n'a pas cotisé, car elle n'est pas autrement solvable.
Nous le sommes en grande partie, au moins à hauteur de 65% des remboursements, envers ceux qui ont cotisé et cotisent encore de façon obligatoire pour être remboursés.

===> sommes- nous employés par les malades ?
Nous le sommes incontestablement par tous, y compris les CMU, qui , comme tous les autres assurés sociaux "bénéficient" du libre choix de leur médecin, et en retirent , en quelque sorte un "statut" d'employeur....

A partir de ces deux catégories d'employeurs, des Caisses ou privés, ayant parfois même tendance à se recouper, (pour mieux compliquer la chose ) quelle est, dans nos revendications, la part d'exaspération ? Et si cette exaspération, liée au fait que le principe du dévouement sacerdotal deviendrait notre apanage dans un monde sans altruisme, prenait plus de place qu'avouée ?

Si oui, cette nouvelle et croissante "donne",liée à la perte du respect par le patient de la fonction du soignant,est-elle soluble dans l'augmentation constante et/ ou fluctuante des honoraires ? Pas sûr.

Dans le cadre du secteur 1, éventuellement, et encore faudrait-il que les caisses "moralisent" le bon usage du soin, ce que visiblement elles ne souhaitent pas faire ( en s'acheminant de plus en plus vers une "privatisation des mentalités" , type "bouquet de services" envers les assurés auxquels on ne refuse rien, sauf ..... la réalité du marché ( pénurie de soins, délais d'attentes accentués etc...)

Dans le cadre du secteur 2 assurèment encore moins, car l'usager aura acquis une double légitimité de payeur, donc d'exigence. Et l'on rêve de secteur trois , secteur quatre......
Autant de cloisons nouvelles d'étanchéité dans un Titafric en train de prendre l'eau...

La course aux honoraires est donc probablement une réponse partielle à notre devenir. La terre est ronde, les patients sont devenus des "clients" exigeants, et lorsque leurs exigences ont l'air d'avoir été exaucées, tout au bout de notre "épuisement", ils n'en restent pas moins des citoyens incités à défendre leurs droits dans une judiciarisation qui n'est ici qu'à ses débuts.

Retrouver l'habitude de dire non, retrouver le chemin du principe de réalité, qui veut qu'en dehors des cas d'urgence (et il y en a peu, si peu si on y réflechit bien....) il n'y a rien qui presse à soigner de plus en plus mal et de plus en plus vite des usagers "gavés" de soins et ensuite nous pourrons réflechir à qui est mieux placé pour nous défendre quand nous nous serons à nouveau mieux défendus nous-mêmes. Chacun dans l'interêt de chacun et pour la fortune de tous.


Dr Bruno Lopez - Fonsorbes


Derniére mise à jour : 09/07/02

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