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Sommes nous payés "contents" ?

Ou sommes nous contents d'être payés ainsi ? A priori oui, puisque "personne n'en change".

Tout le monde se positionne vis à vis d'une constante incontournable du système de pensée généraliste : le paiement à l'acte, à laquelle il faudrait se résigner. C'en est tellement une constante que la CSMF déclarait , tout comme MGF avant cela pour les généralistes, que l'augmentation du prix de l'acte en constituait la revalorisation, et mieux encore restaurait le magistère, dans ce cas précis, du pédiatre!!!!!!

Je crois que le corps médical généraliste se méfie avant tout de dépendre de la caisse. Un seul cordon, une seule bourse, une seule source d' approvisionnement.....

D'autre part, il y a toujours une autre manière d'appréhender le problème : le généraliste français est habitué à être payé "comptant". Le paiement differé est pour lui un mode culturel et économique auquel il a du mal à s'habituer, contrairement à beaucoup de spécialités qui ont bien saisi que le mode de paiement differé n'amenait qu'un peu d'esprit de gestion dans l'économie du quotidien.

Etre payé par la caisse ou les mutuelles ( tiers payant) , être payé le jour même (au comptant), être payé de façon differée, sont trois choses bien distinctes contre lesquelles le généraliste a bien des réticences.

Pour mieux ne pas discerner ces trois choses, il existe un thème récurrent, un front obstiné du refus : "ne pas être payé comptant déresponsabilise le patient".....

On a toujours entendu ça, et les choses martelées deveinnent hélas incontestables. Pourtant .... Le "résultat" de l'action du médecin est-il obtenu quand le patient repart avec son ordonnance ? Ou tout reste-t-il à faire ? Le bâtisseur d'une maison vous demande-t-il simplement un accompte à signature, ou bien le réglement de la totalité des travaux ?
Les exigeances des patients, devenues de plus en plus insupportables à entendre, y compris des plus durs partisans du paiement à l'acte, ne tiennent -elles pas , elles aussi à notre french paradox. De faire payer sur devis, avant "travaux" ? Et le DE, ou l'augmentation d'honoraires payées "au comptant" , ne finiraient -ils pas par accroitre la démesure de nos prescriptions- "réponses" à des demandes plus chères payées ? Tout de quoi destabiliser à nouveau les comptes et ...... reverrouiller les honoraires.

A la limite, le pharmacien vend ses médicaments qu'il a acheté, et délivre au patient un produit fini. Lui, à la rigueur, comme le radiologue ou le cardiologue avec son ECG "vendent" un produit fini. Et pourtant ce sont ceux -là mêmes qui ne réclament pas l'argent !


Allez, je sais l'élucubrant que je suis va bientôt réclamer la gratuité des soins dans son esprit charitable! Pas du tout, mais l'acte de médecine générale, malgré l'exiguité de son prix, est probablement de ceux qui se prèteraient le moins à un paiement à l'acte, ou au comptant, c'est un acte qui nous rend "contents" mais qui nous rend "captifs", du simple fait que nous nous lions, par l'avance faite sur le prix d'un résultat, à une quasi obligation de résultat, comme à une quasi obligation de reproche pour le cas où le "payeur" n'obtient pas le résultat obtenu ( après qu'il ait payé). D'oû une des causes de la redondance de nos prescriptions, comme de notre zèle à " contenter le client".

Je suis sur que demain le salariat régalerait plus d'un parmi nous. C'est une "honte" que tout le monde se refuse, mais qui serait probablement plus buvable au long terme que nos multiples arrangements comptables envers des gens qui, finalement, nous renouvellent indéfiniment (parfois) un C D I ( pour contrat à durée indeterminé) en DCI ( dénomination commune internationale) appelée "Bakchich". Bakchich ou pot de vin en français. "Pot- de- vingt", "pots de vingt huit " pour les bébés, ça fait un compte rond à compter du premier juillet !!!! Revalorisés nous serons .....





Dr Bruno Lopez - Fonsorbes


Derniére mise à jour : 25/06/02

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