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Le soulageur et le soulagé

Il est passé en boucle dans tous les JT. C'est le "neurologue nantais". Il explique qu'il suffit de demander au patient :
" vous avez changé de comportement sexuel ? vous jouez au jeu ?".
" Et alors, là, le patient, soulagé, répond : oui, et on arrête son traitement".
Cela parait si simple. Et si méchant pour son confrère surpris en faute.

Ici la chose est plus compliquée. C'est le patient qui veut maintenant "soulager" son neurologue de 400 000 euros.
Parce que, depuis qu'il avait initié pour lui le ropinirole, son neurologue ne lui aurait rien demandé de spécial. Sauf, peut-être, "s'il se sentait mieux". Il ne lui a pas demandé si, "par hasard", il n'avait pas de tendances homosexuelles nouvelles, et si il jouait sur internet l'héritage de ses beaux-parents.

Cette jeune affaire n'en est qu'à son début. Le médicament impliqué n'est, pour la télévision , qu'un "cachet bleu", que le plaignant , revenu vers ses tremblements, énuclée d' un blister malhabile et désormais coupable.
Les effets secondaires, retrouvés dans 25% des cas, ne sont, eux, que l'expression d'un monde moderne, qui voit la banquise des bons sentiments s'éroder sous le poids des profits moléculaires. Rigidité, akinésie et tremblement, tels des enfants tchadiens, sont kidnappés sans s'en tenir aux réglements en cours, qui prévoient de ne pas guérir en catastrophe ce qui n'était que, jusque là, mal engagé.

Notre médiatique neurologue nantais, lui, sait, par avance, et par ses questions formatées, jusqu'où il peut, accessoirement, nuire sans mettre en fracas le monde assurantiel des prescripteurs de blockbusters. Il a déjà déplacé le curseur, du sorcier dédouané vers son simple apprenti, le confrère idiot qui ne sait pas interroger.

Durant ce temps idiot, où le mouton se venge de sa tremblante en voulant ratisser son berger-toiletteur, un avocat à la main ferme doit sûrement savoir, ce qu'il a saisi avant nous, pour défendre sa firme américaine et son médique -amant, des amendes honorables.

Il trouvera à dire, et il aura raison, "qu'un homme qui demande 400 000 euros de dommages et interêts, pour simple motif que son neurologue était homme pressé", et ceci un an après l'arrêt de la molécule en cause," n'est point un joueur induit, mais un parieur né".

Au royaume des fées secondaires, quand rien ne va plus, les jeux sont déjà faits, même pour des fées têtues.




Dr Bruno Lopez - Fonsorbes


Derniére mise à jour : 30/10/07

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