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Passer larmes à gauche ?

Notre société médiatique s'est demandé, voici peu, si les riches, surtout les nouveaux, avaient le droit de prendre des vacances gratuites. Le monopole de la générosité des "beauf-people" de la gauche scrupuleusement pseudohumanitaire a fait banqueroute, tout simplement parce que les rentiers de la bonne conscientisation des masses s'étaient uniquement comportés en gestionnaires replets, plus préoccupés des frais indemnitaires de gestion de la rente, que des rentiers eux-mêmes.
Les "yacht people", eux, ont désormais le triomphe serein. Ils ne souhaitent, tout simplement, que le droit pour chacun de pouvoir monter l'ascenseur social sans être trop pénalisé par les règlements de co-propriété, ni trop savoir ce qui se passe entre les étages...
Le secteur de santé va probablement subir une nouvelle révolution, car c'est un secteur de pointe, pour lequel le choix entre les yachtmen à hauts dividendes et les médusés du radeau sécu va vite avoir lieu.
Il existera toujours des généralistes de gauche, des généralistes de droite. Mais la vraie question, l'éternelle question remise au goût du jour, n'est-elle pas celle-ci :
"y a t'il encore un avenir pour l'intégrité professionnelle du médecin de base ?"
Faut-il que nous acceptions, quitte à nous dédire chaque jour, l'abrutissement des masses inquiètes via les prémorbidifications savamment orchestrées par les yachtmen de la prévention au "tout chimique" ? Certes, cette société, qui nous rit au nez, en feignant d'aimer tant son prochain (client...) va optimiser l'aisance des dégourdis à devenir des golden boys. Un médecin obésiologue, essayeur en phase 3 et prêt à se réseau-ifier quand cela sera demandé pourra devenir encore plus riche.
Mais l'honnêteté sera t'elle encore viable ? Pourra t'on, de ce partage désormais activo-hâtif, laisser quelque miette pour l'honnête homme de JJ Rousseau ?
A condition de ne point transiger, probablement. Je crois qu'il faudra bien laisser les pharmaciens s'affairer à être de mauvais généralistes, les spécialistes à être de contestables experts, si nous passons ce temps prochain à rentamer notre éducation sanitaire.
Le secteur de santé marchandisé n'est pas chose inédite, il s'agit juste de voir que la rotation des convives et des maîtres d'hôtel va y devenir frénétique à souhait.
Les "dérapeurs" de la maîtrise auront à se placer du bon coté de l'échiquier. Le généraliste, lui, devra bien se cadrer en défenseur de la rigueur scientifique, prompt à rendre coup pour coup à tous ceux et celles qui voudront uniquement "se servir".
C'est peut-être aussi pour cela que beaucoup de jeunes ne veulent pas, ou ont peur de la médecine générale, car c'est une médecine de plate-forme pétrolière, où l'on peut laisser passer toutes les anomalies, ou crever d'une seule.
C'est un métier de contestation, sans polémique, juste avec la ferme affirmation que si les patients veulent notre entière compétence ils devront aussi nous accorder la confiance, et le respect minimal.
A cet égard, les dinosaures engloutis de la gauche n'ont pas porté plus d'attention à notre triste sort de barreurs-sans-voile que les plaisanciers de la médecine high-tech et big profits.
L'esprit clair, la volonté affichée par d'autres cerveaux (s'il nous en reste) que ceux du C à 24 euro, et la médecine générale n'aura pas pour seule alternative la gauchisation ou.... la compromission. C'est affaire de personne, et de tout le monde .

Dr Bruno Lopez - Fonsorbes


Derniére mise à jour : 23/05/07

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