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Nonchalliance

Ce doux pays de France est désormais touché par un curieux syndrome : la nonchalliance. L'alliance des nonchalants. Dominique et Jean-Jacques ont la fierté d'annoncer qu'ils ne prennent plus de nouveaux patients.
Dominique, sympa, dispatche les audacieux demandeurs vers des confrères moins surmenés.
Il oublie de nous dire quel est le tarif de ses consultations.
Jacques, lui, me "tance" à m'occuper trop des patients et pas assez de "nous".
Tu as raison Hugues, de dire que je suis parfois sinistrosé. Non point pour le sort de ceux qui ont ou auraient dévissé leur plaque de part le fait d'une convention "scélérate". Mais pour le toupet de tous ceux qui semblent, désormais, se montrer si fiers à dissimuler la leur, sous l'alibi d'une pseudo- pénurie.
Il existe un excellent moyen alternatif à la clandestinité, pour bien faire ce métier. Se remettre à le faire.
J'en donne deux exemples.
Le premier émane de ma dernière garde régulée par le Samu. Une "very important person" appela le 15, entre deux avions , pour demanda qu'un médecin vit à son domicile pour une injection de kenacort. Son rhume des foins n'aurait su attendre le décollage de son avion le lendemain. Je rappelai l'homme pour lui dire que j'assurais une mission de service publique incompatible avec les quelques euros de plus qu'il se dit prêt à m'allouer.
Le deuxième est de ce samedi matin, où une brave mésusagère du service de santé, fidèle patiente de ces dix dernières années, m'appelle pour obtenir, "pour midi" un certificat d'aptitude en colonie de vacances. Deux refus.
eux colères.
Voici donc un excellent moyen de libérer deux nouveaux dossiers de patients. Et se liberer des tâches scélérates et des brimades professionnelles. En relevant la tête, et en redessinant, de nos propres refus, ce dont l'ébauche maladroite nous revient, de tant d'années de reculades.
Pour ma part je vais travailler lundi. La passion du métier, proclamée ici ou là comme une tare abjecte réservée à quelques abrutis sacerdotaux se ravive parfois dans le renouveau des exigences de soi, bien mieux que dans la révolte complaisante des nouveaux luxes.
Il est de notre devoir de refuser les demandes médicales injustifiées, cela nous dégagerait bien du temps pour assumer nos actes justifiés, dont le premier, celui de l'honneur à exercer.
Entre "médecin du monde" et la nonchalliance des "médecins mondains" il existe encore une place, non ?





Dr Bruno Lopez - Fonsorbes


Derniére mise à jour : 03/06/06

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