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Moi, si j'étais malade

Mon radiologue a toujours l'habitude de faire, à mes patients qui toussent , une radio des sinus, et mes patients ravis me disent : "voilà, on sait pourquoi je tousse".
Alors neuf fois sur dix je suis obligé de les adresser à mon ORL réferent qui, lui, me dit que la sinusite radiologique n'existe pas. Mais je n'en parle pas à mon radiologue, car ce type est au moins aussi caractériel et intransigeant que moi.
Généralement, quand le radiologue , le généraliste et l'ORL lisent "qu'on attaque la profession médicale", ils ne font qu'un.
Lorsqu'ils devraient s'unir dans l'interêt du malade, ils sont trois. Ou, trois fois, des "uns" inconciliables.
Moi, si j'étais malade, j'aurais bien peur de cette profession dévouée corps et âme à ne jamais oser s'affronter pour des idées, et toute entière consacrée à mourir pour des croyances, ou à laisser mourir, plutôt.
Moi, si j'étais malade, j'aurais peur de toutes ces femmes et ces quelques types qui se disent : "après tout, les autres décideurs se sucrent, les autres experts se sucrent, alors pourquoi pas nous".
Demain il y aura des élections professionnelles. Si j'étais malade, je serais un peu inquiet sur tous ces faux-culs qui, au moins, dans le temps, brandissaient le spectre de la dégradation des soins aux soignés.
Désormais c'est tout cuit, la dégradation, et son retraitement, ne sont plus dévolus qu'aux soignants. On ne s'inquiète plus du devenir des malades, on s'interroge sur la douceur de vivre des médecins.
Demain si je toussais, j'irais d'abord voir un guérisseur, de secteur 1, du style pas trop stressé, ni impliqué dans les URML. Qui tarderait à marquer la radio. Celle qui sert à pas grand chose, mais qui révèle tout, sur la médecine, sa phase d'état, et ses complications.

Dr Bruno Lopez - Fonsorbes


Derniére mise à jour : 24/05/06

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