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La vie est belle, n'est-ce pas ?

Georges Bailey est un honnête petit banquier sévissant à Bedford Falls, USA. C'est James Stewart qui l'incarne.
Il aide les pauvres de sa ville à acquérir droit à propriété, et en cela contrecarre énormément les plans de Henry Potter, le potentat monstrueux qui saigne aux 4 veine ses locataires miséreux. Accessoirement Georges a sauvé son propre frère de la noyade, son pharmacien de la prison, et sa femme d'un célibat qu'elle aurait dû assumer faute d'avoir rencontré le garçon vertueux, idéaliste et plein de générosité qu'il incarne.
Une succession de déboires, de renoncements à la compromission, et de ce que cela entrain de moins- value, amène notre héros au bord du suicide.
Frank Kapra invente alors pour son héros un ange de deuxième catégorie, Clairance, qui a la génial idée de transposer Georges dans un Bedford Falls qui ne serait plus la ville médiocre et endurante qu'il a connu et pour laquelle il a tant écopé, et de le confronter à la même population, à ceci près que son frère décedé lors de la noyade (que le "non-Georges" n'a pas pu éviter), que le pharmacien, emprisonné vingt ans, faute du sauvetage non commis par Georges, n'on pas eu , non plus, à vivre ce qu'ils ont pu vivre grace à Georges.
Bedford Falls ne s'appelle plus Bedford Falls, mais est devenue "Pottersville", du nom du promoteur dont le parcours a pu, de ce fait, ne pas être entravé par l'existence même de Georges Bailey. Georges est ramené ainsi de desespoir à réanimation par son ange Clairance, qui obtient pour sa part ses ailes d'ange de première catégorie tandis que Georges est plébiscité par ses congénères reconnaissants.

La problématique de Georges Bailey est probablement celle de beaucoup d'entre nous, proche désormais du désespoir de se peler des consultations à vingt euros, tandis que "Pottersville" ou "Bigpharmaville" s'en mettent plein les fouilles à terroriser les foules à coups de dépassements d' aulne horaires.
Relativisons. La vie peut redevenir belle si nous réalisons quelle misère potentielle serait, sans nous, l'existence réelle de ceux et celles à qui nous sommes objectivement utiles.
Se damner nos journées à savoir ce que nous deviendrons sans les subsides de ceux qui nous demandent tant sans être réellement malades, dévisser nos plaques en criant au génocide généraliste ne relève pas du malheur immérité, mais de la punition auto-infligée.

"La vie est belle, de Frank Kapra, 1946"

Dr Bruno Lopez - Fonsorbes


Derniére mise à jour : 28/02/06

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