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La co-errance dans tout ça

"Vous prenez pas l'adresse ?" m'a demandé la samusette, qui m'a transmis l'appel de 20H45.
"ben non, parce que je vais les faire venir". Et ils sont venus. Ce sont des gens de mon village avec qui je m'étais disputé voici quinze ans. Cela me revient. Il me devaient deux visites, et surtout pour le principe j'étais allé chez eux réclamer mes deux cent francs de l'époque. Le père, une montagne, m'avait raccompagné à la porte en me disant, très fort, que "de toutes façons" les généralistes étaient les ratés de la profession.
Hier au soir, au décours d'une crise d'asthme assez carabinée, la même dame m'a tendu soixante dix euros, et m'a même demandé de garder la monnaie. Les temps changent, pas en bien, mais changent. L'asservissement généraliste a trouvé ses limites dans la raréfaction relative des disponibilités. Mais cela fait tout de même un peu drôle de recevoir le pourboire de ceux qui vous avaient craché au visage.

Le nouveau carnet de santé des enfants indique d'"appeller" le samu, avec deux l, a justement remarqué Jacques. Merci Jacques d'avoir épluché le fruit de la co-errance. Tout le monde s'en fout, ou s'en "flou" désormais, mais de façon réglementaire.

Si nous avions su gérer l'incohérence nouvelle avec un peu de dignité, nous serions régnants dans la fierté, là nous ne sommes que plaintifs dans la revanche.

Demain, si je devais avoir d'autres enfants que ceux qui n'ont pas vu leur père se grandir à l'ouvrage, je les orienterais vers la justice. La blouse marron des avocats va mieux au teint que la blouse grise des médecins.

Dr Bruno Lopez - Fonsorbes


Derniére mise à jour : 11/01/06

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