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Politique et psychologie.


Le président Nicolas Sarkozy vient d'être condamné à un an de prison ferme pour une affaire de financement de compagne électorale. Son avocat fait appel.

Je comprends très bien qu'une personne fasse appel d'un jugement qu'elle considère comme injuste, mais là j'ai un peu de mal à comprendre : nous sommes dans un contexte politique, avec des enjeux très importants et cette attitude va aux antipodes de la psychologie la plus élémentaire.

Nous avons bien vu avec les différentes affaires touchant un peu tous les partis que les militants inconditionnels soutenaient les leaders mais les sympathisants étaient plus critiques. L'affaire Fillon en est un fraîche exemple. Indiscutablement cela a coûté très cher, pour ne pas dire un fauteuil de président au parti républicain. Seuls les partis les plus extrémistes semblent peu affectés par les affaires qui les touchent, mais qui dit extrémiste dit « passion », pas « raison ».

Si je dissèque la situation, que vois-je au delà de la réalité des faits et du verdict prononcé par la justice.
Je vois des personnes qui vont faire leur opinion indépendamment de tout ce que l'on pourra leur montrer. Le président Sarkozy peut être innocent, de toutes les façons, pour les uns il sera coupable quelques soient les preuves de son innocence. A contrario, le président Sarkozy peut être coupable, pour d'autres il sera innocent quelque soient les preuves de sa culpabilité. Les UNS et les AUTRES, cela représente des millions de personnes. En d'autres termes, faire appel revient finalement à perdre les voix de « sympathisants faute de mieux ». En cette période d'abstentionnisme aigu, en cette période pré électorale de surcroît, cela revient à tirer une balle dans le pied à son parti politique.

Une circonstance pareille offre vraiment à un homme publique l'occasion de sortir du lot, de rebondir, de montrer à monsieur « tout le monde » que l'on est peut-être pas tout à fait d'accord avec un verdict mais qu'on l'accepte à titre exemplaire. A partir de ce moment la donne change, les cartes ne sont plus dans les mains de la justice et des avocats, mais dans celles du condamné car paradoxalement, à cet instant, il devient libre, il interpelle, il intéresse. A lui d'en faire bonne usage et c'est pas les arguments qui manquent :

j'assume
je respecte la décision de la justice
je ne l'ai pas fait pour moi
c'était une présidentielle avec des enjeux pour la France,
je ferai tout ce qui faut pour etc..

et là ceux qui vont souffrir de la différence, c'est ceux qui n'assument pas et qui continuent à faire appel.

Avec les affaires comme avec le sars cov 2, le réchauffement climatique ou les relations intercontinentales, je ne peux pas dire que la gestion politique des verdicts juridiques ou scientifiques brille par sa finesse psychologique.



Dr Jean-Paul Gervaisot

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Derniére mise à jour : 01/10/21

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