Rechercher
Formation médicale continue
Divers

Actuvision généraliste


Les petites failles font les grandes épidémies.



Notre ministre de santé posait encore le problème des causes de l'extension de l'épidémie, laissant l'impression que la mise en évidence de mécanismes encore inconnus et de leur neutralisation pourrait permettre de contrôler la propagation du virus.
La période de confinement a bien montré que plus on réduisait les contacts au sein de la population , moins le virus s'épandait.
En l'absence de traitements préventifs et curatifs, dans l'absolu, il faut soit se reconfiner soit vivre avec. Vivre avec semble faire l?unanimité.

Doit-on encore spéculer sur la découverte fortuite d'un mécanisme inconnu de propagation et de sa neutralisation en restant un peu trop « laxiste »  ou doit-on encore augmenter les mesures barrières qui ont fait leurs preuves ?

Les petits ruisseaux font les grandes rivières, un litre s'ajoute à un litre et à terme nous nous retrouvons en face d'un fleuve, c'est du linéaire. Pour les épidémies c'est différent, une personne infectée va en contaminer 2 qui contamineront 4 qui ont contamineront 8 etc... C'est de l'exponentiel. ,
Reprenons le cas des écoles et des jeunes enfants réputées peu contaminants. C'est possible mais cela reste une source indiscutable de propagation de l'épidémie. Idem pour tout autre lieu où le masque n'est pas porté. Quant aux transports en commun, même avec les masques, les contacts accidentels produisent des micro fuites.
Les différentes interventions médiatisées de personnes pensant ou laissant croire que certaines mesures barrière sont inutiles sont aussi des facteurs favorisant les comportements à risque.

Aujourd'hui, à mon avis et au vu de mes constatation de médecin généraliste, la réflexion ne doit plus se faire uniquement autour de mesures d'isolement de la population mais plutôt autour de techniques permettant la continuité de la vie sociale, le port du masque en est un bon exemple.
Le foyer « enfant » devrait pouvoir bénéficier de ce qui existe déjà en Chine, c'est à dire des casques de préférence à l'image de notre société, c'est à dire personnalisés et ludiques. Les transports en commun posent le problème de la densité des passagers, les alternatives sont connues : plus de rames ou de bus, plus de télétravail, et rapidement ou à terme plus de délocalisations d'entreprises. Les restaurants et spectacles ne devraient pas fermer même plus tôt, les regroupements se feront à domicile : à nous de trouver des outils barrières conviviaux adaptés à ce type d'activité où le contrôle est possible et facile.
La sensibilisation est importante, les mesures de précaution sont oubliées dans beaucoup de foyers, et pas que chez les  jeunes, je le vois bien dans mon activité. Rappelons nous de la fable « les animaux malades de la peste ».
Monsieur Edouard Philippe évoqué l'autre jour ses sources défectueuses, les médecins dont les conseils seraient à l'origine de mesures insuffisantes. Quels médecins  hospitaliers ou de santé publique: des professionnels qui voient une très faible proportion des patients infectés par le covir, ou des professionnels médecins ou paramédicaux qui sont au contact de la très grandes majorité des patients ? Nos gouvernants doivent-ils continuer à leur demander exclusivement conseil ou ne devraient-ils pas y associer obligatoirement les professionnels de premier recourt ? Pour moi cette dernière option devrait être  institutionnelle.

Enfin , et ça n'est pas la moindre des choses, les controverses pèsent dans le mauvais respect des mesures barrière. Le débat doit exister pour optimiser la lutte contre le covir mais il y a à l'évidence des dérives. Il est un peu tôt pour faire la part des choses mais les conflits d'intérêts n'existent pas qu'avec les laboratoires pharmaceutiques. L'association d'un message douteux sous toute ses formes, interview, tweet, réseaux sociaux plus généralement avec une adresse de psychothérapeute, de livre ou de toute autre forme de carte de visite à visée lucrative ou communautaire, mériterait d'être poursuivie par la justice, en l'absence bien sûr de troubles psychiatrique ou de signe de démence débutante. Covido ergo sum pourraient dire certains.


Allez, un sujet de dissertation pour le plaisir :

Baumarchais (1732 1799) au travers de ce texte est-il un auteur moderne ?
La calomnie, Monsieur ? Vous ne savez guère ce que vous dédaignez ; j?ai vu les plus honnêtes gens prêts d?en être accablés. Croyez qu?il n?y a pas de plate méchanceté, pas d?horreurs, pas de conte absurde, qu?on ne fasse adopter aux oisifs d?une grande ville, en s?y prenant bien : et nous avons ici des gens d?une adresse ! ... D?abord un bruit léger, rasant le sol comme hirondelle avant l?orage, pianissimo murmure et file, et sème en courant le trait empoisonné. Telle bouche le recueille, et piano, piano vous le glisse en l?oreille adroitement. Le mal est fait, il germe, il rampe, il chemine, et rinforzando de bouche en bouche il va le diable ; puis tout à coup, on ne sais comment, vous voyez calomnie se dresser, siffler, s?enfler, grandir à vue d??il ; elle s?élance, étend son vol, tourbillonne, enveloppe, arrache, entraîne, éclate et tonne, et devient, grâce au Ciel, un cri général, un crescendo public, un chorus universel de haine et de proscription. Qui diable y résisterait ?


Dr Jean-Paul Gervaisot

Laisser un commentaire à l'auteur


Derniére mise à jour : 25/10/20

RSS RSS
Précédent Sommaire Accueil