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COVID 19, l'homme est un primate comme un autre.

La grippe H1N1 de 2005 a été la deuxième pandémie virulente de l?après guerre après la grippe asiatique. Elle a bénéficié d'un niveau de connaissance et des moyens humains jamais égalés. La maladie COVID 19 est la troisième à affecter le monde humain dans les mêmes conditions. Dans les trois cas, il s'agit de virus pas trop agressifs, c'est à dire pour lesquels le taux de mortalité de 1% voire moins reste modeste. Rappelons tout de même qu'un peu moins d'1% de décès à l'échelle de la population française, si tout le monde devait être infecté, cela ferait 500.000 morts.

A l'époque de la grippe H1N1, un très fort taux de décès potentiel avait été évoqué chez les soignants de première ligne, médecins généralistes, urgentistes. Finalement la mise au point d'un vaccin précoce, une probable immunité croisée avec les autres souches de virus influenza, la bonne santé de la population, avaient « prématurément » stoppé la pandémie. En supposant que les exemples des grippes espagnole et H1N1 aient pu être considérés comme des modèles insuffisants pour en tirer des leçons pour l'avenir, la principale conclusion que le monde devrait maintenant tirer de ces épidémies, c'est que l'évolution d'une épidémie est imprévisible et se référer à ce que l'on a connu avant pour spéculer sur le devenir de n'importe quelle épidémie est insensé et terriblement dangereux. A l'heure actuelle, aucun pays de la planète ne pourrait faire face à une épidémie du type H1N1 version 1918 1919. Poser la question du retour d'une telle grippe à des scientifiques aboutirait aux réponse suivantes : Vaccins, antibiotiques, meilleurs conditions de vie.. Affaire classée.
En ce sens, l'épidémie de coronavirus 2019 est la bienvenue à condition d'en tirer les bonnes leçons, et de ne pas classer l'affaire, C'est pas gagné.

Déjà, avec cette dernière venue, et malgré l'H1N1 2005, l'humanité a montré, tous États confondus, qu'elle n'est toujours pas prête. Le sera-t-elle une jour ? rien n'est moins sûr. A partir de l'instant où l'intelligence et la logique pure et dure sont parasitées par l'espoir, les intérêts personnels, la politique politicienne ou la méconnaissance de l'autre, l'homme aussi expert soit-il est un primate comme un autre.
J'ai observé avec un minimum d'esprit critique ce que l'on voit dans tous les pays du monde :
des exigences de résultats sans délais, par pure contestation politicienne ou par pure incompréhension,
des sociopathes qui se lâchent, et leurs victimes qui croient tout et n'importe quoi et pensent rendre service en relayant les fausses nouvelles sans la moindre jugeote,
des certitudes encore bien implantées de supériorité ethnique : ça ne nous arrivera pas, nous sommes meilleurs et plus forts que les hommes des autres pays,
une médiatisation faisant feu de tout bois, sans limites, déstabilisante,
J'ai vu pour résultat de ce capharnaüm la peur s'installer dans l'irrationnel.

J'ai vu dans mon secteur professionnel :
une foule de personnes de bonne volonté, soignants ou aidants, baignant dans le covid, s'exposant avec les moyens que l'on leur disait suffisant, au risque de leur vie,
les étudiants soignants exploités, encore plus que d'habitude, sans vergogne,
des experts donnant des avis et des conseils prévisionnels sur de l'imprévisible,
des responsables politiques s'appuyant sur des expertises aux conclusions au mieux sous tendues par l'espoir, ou s'orientant vers l'avis le plus arrangeant,
une sous évaluation incompréhensible du nombre de cas : seuls les personnes testées positives à l'hôpital étaient comptabilisées, un vingtième des cas donc, comme si seul l'hôpital voyait des patients malades du covid 19 ; Les cas EHPAD ont été comptabilisés plus tard et les cas « médecine de ville » ne le sont toujours pas sinon très récemment et de façon probabiliste,
j'ai retrouvé l'éternelle guerre des grands pontes de la médecine, stérile, portée en place publique, discréditant un peu plus le débat scientifique au profit de la sphère « anti médecine ».

Peut-on agir sur tous ces éléments? Je ne crois pas, l'homme est un primate comme un autre, et aussi intelligent soit-il, l'effet de groupe atténue à l'évidence l'expression de cette intelligence.
A défaut de pouvoir changer le contenu : les hommes, il faut changer le contenant : leur contexte de vie, afin de réduire au maximum le champ d'action d'un virus ou d'une bactérie plus virulente, plus létale.
Les champs de réforme sont multiples et sans rapport avec une quelconque sensibilité politique :
Réduire les trop grandes densités de population,
réduire des conditions de vie malsaines ou mauvaises,
ne plus tolérer la dispersion planétaire des moyens sécuritaires, c'est à dire produire soi-même l'indispensable,
avoir en stock des volumes d'outils adaptés à la taille des menaces épidémiques,
sensibiliser et former tout le monde dès l'âge scolaire.
Etc..


Nous sommes dans le domaine du choix politique et du projet de société. En avons nous vraiment tous envie ? Sommes nous prêts à prendre le risque de ne pas le faire ?

Dr Jean-Paul Gervaisot

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Derniére mise à jour : 01/06/20

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