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Déconfinement, les grandes idées sont souvent nées après les guerres,

Le déconfinement est un terme qui circule beaucoup en ce moment. Les médias, hommes politiques et experts font état d'un déconfinement progressif éclairé.
Pour cela il faut repérer qui peut être déconfiné sans risque, donc qui est immunisé, et qui doit continuer à travailler et être correctement protégé, immunisé ou non, du fait de sa profession.
Le scénario idéal serait que chacun ait des masques, même confiné à domicile et que l'on puisse contrôler l'immunité de tout le monde
A terme un vaccin serait le bien venu pour parfaire la couverture immunitaire de l'ensemble de la population terrestre.

Il manque donc les masques, des tests fiables sensibles et spécifiques et le vaccin.

Lorsque que j'échange avec mes patients « métro, boulot, dodo », leur situation actuelle est pour la grande majorité plus tolérable que leur situation « normale ». L'action du coronavirus a, pour eux, été plus efficace que celle des gilets jaunes et des politiques de tous bords : Ils retrouvent un peu de quiétude et de douceur de vivre sous réserve d'avoir un brin d?inconscience, de ne pas être angoissé de nature et de ne pas être ou avoir été affecté par la microscopique bestiole.. Sauf que ce mode de vie n'est pas viable.
A terme des problèmes financiers vont se poser pour les particuliers comme pour les États. Et je ne parle pas des deuils et des personnes isolées, qu'elles soient en France, en Syrie ou en Éthiopie.

Les objectifs d'un déconfinement idéal sont médicalement l?obtention d'un rythme de nouveaux cas graves gérables par les soignants, et économiquement la reprise progressive d'une vie qui se rapprocherait de la normale, c'est à dire salaire normal pour tout le monde et « métro, boulot, dodo » pour certains. Cet intérim va faire qu'une partie de la population va s'apercevoir que l'argent ne fait pas le bonheur et qu'il peut exister autrement. Quelques personnes conviendront que les revendications sociales de ces dernières années, réclamant des sous pour être heureux, étaient paradoxalement l'expression de la culture « société de consommation ». L'argent ne fait pas le bonheur, mais quant il y en a, ça permet de respirer.

Bref si le pays ne veut pas retomber dans la morosité que nous connaissons depuis plusieurs années, nous devons rectifier notre modèle sociétaire avec des priorités à charge de l?État plus onéreuses probablement que maintenant, et du superflu qui n'est pas du ressort de l?État ; Ce superflu, moteur de la société de consommation, me semble devoir exister dans le respect des autres: Il est important car il satisfait, il donne du sel à la vie, et s'il ne fait pas de bonheur durable, il fait partie de la nature.
Pour rectifier notre modèle sociétaire, nous devons réfléchir dés maintenant, nous avons le temps car l'épidémie ne va pas s'arrêter comme ça. En effet très peu de gens sont immunisées: Au bout de quelques mois de covid, nous sommes à peut être 2% de la population immunisée, et le rythme des nouveaux cas, grâce au confinement, diminue.(1/80 patients dans mon activité de médecin généraliste en Seine et Marne). Nous serions donc bêtement en droit de nous attendre à au moins une trentaine de mois d'épidémie avant que tout le monde soit immunisé. En pratique, la chaleur estivale aura probablement occit le virus jusqu'à l'hiver prochain. Peut être même aura-t-il muté de la façon la plus inoffensive qu'il soit.On peut rêver.
Le vaccin me semble la valeur la plus radicale, mais nous attendons toujours celui pour le SIDA et celui d'Ebola.


Actuellement donc, nous subissons. Beaucoup d?éléments sont hors contrôle, ça nous laisse le temps de réfléchir. Ne serait ce pas le moment idéal pour travailler sur un projet sociétal viable avec nos élus ?
Les grandes idées sont souvent nées après les guerres.

Dr Jean-Paul Gervaisot

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Derniére mise à jour : 13/04/20

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