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Histoire de répondeur « in » hospitalier.

En qualité de mauvaise langue, je pensais que la langue d'échange du parlement européen était l'anglais. Belle occasion de se moquer en perspective, la langue officielle de Bruxelles n'appartenant plus à aucun pays de l'union, comment vont faire les franglophones ? Que nenni, l'anglais sert juste de langue intermédiaire pour faciliter le travail des interprètes, les textes sont traduits d'une langue européenne en anglais puis de l'anglais en d'autres langues européennes. Frustrant mais ..
Ce fonctionnement me rappelle une anecdote datant d'une quinzaine d'années et qui concernait au moins un service de nos très chers hôpitaux de l?assistance publique.


C'était en milieu de matinée, je téléphonais dans un service spécialisé afin obtenir un rendez vous rapide pour un patient. Le standard me passe le secrétariat et je tombe sur un répondeur: Une belle voix d?hôtesse de l'air baragouine un message en anglais . J'attends que ça passe. Arrive la version française «Bonjour, le secrétariat est ouvert toujours les jours de 9 heures à 12 heures et de 14 heures à 17 heures sauf le samedi et le dimanche, veuillez rappelez ultérieurement». Surpris, je regarde l'heure: «bon je réessayerai un peu plus tard, ils sont peut-être restés à l'heure d'été».
Je essaie un peu plus tard, même hôtesse de l'air, même message, l?après midi idem. Une note positive tout de même : il n'y a pas de doute, je téléphone bien dans un hôpital publique.
Je réessaye le lendemain. Progrès, je commence à comprendre un peu l'anglais, mais c'est tout. Je décide donc de prendre sur mon jour de repos pour téléphoner, raison oblige, on le sait tous, obtenir gain de cause par téléphone à l'hôpital, c'est trois quart d'heure une heure: vous téléphonez au standard, on vous passe un service, c'est pas le bon, retour au standard, nouveau service, ça ne répond pas, standard, ça coupe, vous recommencez, standard, même promenade puis bureau de la surveillante, une infirmière finit par décrocher: la surveillante est en réunion. L' interlocutrice piégée vous bip l'interne, le bip est dans le bureau ,sans l'interne.. Elle essaie de vous passer un autre poste et demande à la voisine comment faire pour transférer l'appel, elle n'y arrive pas. Finalement elle vous donne le numéro en question. Vous rappelez le standard qui vous passe le poste: c'est la laverie, on vous repasse le service qui vous passe le secrétariat : répondeur. Vous rappelez le standard qui vous transfert sur le service, vous apprenez que la secrétaire est dans le service mais on ne sait pas où. Entre temps l'infirmière a réussi à voir un chef qui lui a demandé de prendre vos coordonnées, il vous contactera dés que possible (un jour peut-être, par erreur..)
Sur ce sujet nous avons tous quelques anecdotes.

Jour de repos donc, objectif secrétariat, obtenir le rendez-vous. L?hôtesse de l'air vocalise toujours, le service ne sait pas si la secrétaire est là aujourd'hui, c'est pas le même étage et la surveillante ne donne pas de rendez-vous, logique, les médecins non plus. Je tente tout de même de les joindre, ils ne sont pas joignables, ils sont en visite puis en staff puis ils sont partis mangés, puis en réunion puis en contre visite, puis il n'y a plus personne.
Je réfléchis, c'est pas possible, avec un message, des horaires pareils et une entête du genre « Member of the society of xx surgeons » sur certains courriers de consultation privée , le répondeur doit être à New York. Je tente ma change une ultime fois vers 18 heure (12 heures à New York) et là miracle, une dame me répond : « Je suis pas la sec'étai', je suis la femme de ménage, j'ai déc'oché ca' je vais pas vous fai' sonner pou' ien, elle est pa'ti la sec'étai', elle a finit, i' faut 'appeler demain mon pauv'e monsieur. » : J'avais presque raison, une voix venue du 80ème méridien, mais pas New York : les Antilles.
La suite et mon patient, je ne m'en souviens plus, ça m'a moins marqué.

Un message comme celui la dans une ville francophone comme Paris, ça n'étonne personne, mais mettez cela dans une autre ville francophone comme Montréal, dés qu'il sera repéré, le message passera en boucle à la radio et la télévision, le service et l?hôtesse de l'air deviendront la risée de tout le Québec si même ça ne fait pas scandale. Mais Montréal c'est particulier, la ville a été fondée le 17 mai 1642 par Paul de Chomedey aidé principalement de Jeanne Mance et plus tard de Marguerite Bourgeoys, tous de Champagne méridionale (Troyes, Langres). La ville n'a jamais été conquise par les Anglais, encore moins par un répondeur téléphonique.

PS Si d'autres victimes des systèmes téléphoniques « in » hospitaliers voulaient se faire connaître, qu'elles adressent vos commentaires par courriel et non par émail.

Aujourd'hui les répondeurs en anglais semblent avoir disparu, mais le marathon téléphonique existe toujours. Un système de télécopie a été mis en place dans certains services, on y gagne en temps un peu comme à la loterie nationale, une fois sur trois.

Dr Jean-Paul Gervaisot

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Derniére mise à jour : 28/07/16

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