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Concours d'études fumeuses.


Durant les années 2014 2015, le Groupe européen de recherche sur l'environnement et la santé dans le secteur du transport (EUGT) a fait inhaler des gaz d'échappement à des singes et des cobayes humains pour prouver la faible nocivité d'un moteur diesel, celui d'une bettle. Cette ou plus exactement ces études auraient été financées par des groupes automobile allemands dont la société volkswagen qui vient de s'en excuser. Les tests ont eu lieu aux USA pour les singes ; Pour les cobayes humains au nombre de 25, c'est un institut hospitalier dépendant de l'université d'Aix-la-Chapelle, mandaté par l'EUGT, qui s'en est chargé.
Curieux procédés tout de même pour des entreprises dont ce n'est pas la vocation, que celui de faire de la recherche médicale pour vendre un produit de surcroît trafiqué pour la circonstance. Constat affligeant que celui de voir un institut de recherche hospitalier se prêter à ce genre de « recherche ». L'enjeu économique est-il si important au point de faire n'importe quoi, les centres de recherche hospitaliers ont-ils autant besoin d'argent au point d'en oublier leurs valeurs ?
Heureusement, il y a une moralité, l'EUGT a été dissous l'an dernier.

Devant de tels comportements, on ne saurait dire si rien n'arrête les industriels ou si rien n'arrête la bêtise.

Dans le même genre, une étude américaine touchant la célèbre vaporette a été menée sur des souris et des cellules humaines par des chercheurs de la faculté de médecine de l?université de New York. Ses résultats laissent supposer que l?inhalation de la vapeur de nicotine par le biais de la cigarette électronique accroîtrait les risques de cancers du poumon, de la vessie, et les risques de maladies cardiaques. L'expérimentation est surprenante, elle compare 12 semaines d'exposition au vapotage chez les rongeurs à 10 ans d'exposition au vapotage chez l'homme, avec comme seul point commun l'équivalent en dose inhalée de nicotine, soit l'équivalent de 10 années de nicotine inhalées en 12 semaines par les rongeurs.
Imaginez la même expérience en remplaçant la nicotine par de l?oxygène. Il y a de fortes chances que les rongeurs n'y survivraient que quelques heures ou quelques jours. Doit-on pour autant arrêter de respirer?
Étude donc qui ne mérite d'être publier que pour montrer les dérives de certaines expériences et leurs effets potentiellement pervers. Pourtant la presse, dans sa grande naïveté, semble la prendre très au sérieux.Si on aurait voulu rendre cette étude plus parlante, il aurait fallu faire vaporette versus cigarette: c'estb à dire des rongeurs soumis pendant 12 semaines à l'équivalent de 10 ans d'inhalation "vaporette" versus rongeurs soumis pendant 12 semaines à l'équivalent de 10 ans de fumées de cigarettes sur la base de 20 cigarettes/jour. Curieusement, ça n'a pas était fait et ça n'est pas prévu.


Tant qu'il y aura des médecins pour imaginer des expérimentations aussi bancales, les producteurs de tabac et les fabricants de véhicules trop polluants ou dangereux ainsi que toutes les filières qui en découlent ne peuvent que mieux respirer.


On pourrait faire un mixte des deux études et la confier aux chercheurs New-yorkais : Vous prenez des souris, vous les exposez pendant 10 heures à une quantité de gaz d'échappement équivalente à 400 heures d'exposition et vous voyez si les rongeurs toussent encore. En principe ils ne toussent plus.

Mais mon intime conviction est qu'aucune personne opposée à l'utilisation du diesel ni aucun addictologue n'aurait l'idée de commander une telle étude. Du moins je l'espère.

Dr Jean-Paul Gervaisot

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Derniére mise à jour : 01/02/18

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