Rechercher
Formation médicale continue
Divers

Actuvision généraliste


Obligation vaccinale, V.A ne sait plus compter jusqu'à 11

V.A a une quarantaine d'années, elle vit dans une superbe propriété depuis au moins vingt ans.
Nourrie, logée, blanchie, amusée, personne ne l'envie vraiment. Et pour cause, elle est handicapée mentale sévère depuis l'âge de 7 ans. La cause, une vilaine maladie, rougeole ou oreillons, je ne sais plus, c'est sans importance maintenant. Ses parents étaient alors contre les vaccinations.
Elle a une belle vie tout de même, à la campagne, pas de bruit, pas de pollution, pas besoin de travailler, de toutes façons elle ne le pourrait pas. Même si elle marche, elle courre, elle crie, elle joue, intellectuellement elle est beaucoup trop handicapée pour prétendre à une quelconque activité professionnelle.
Son palais, c'est un foyer occupationnel.
Peut-être regretterait-elle, si elle le pouvait, une heure et demi de transport matin et soir, entourée de gens plus ou moins nauséabonds, grincheux, racistes, contagieux, ou tout simplement mal réveillés.
Les maladies, hormis son épilepsie, elle ne connaît pas, la grippe exit, elle est vaccinée tous les ans et ça la fait rire à chaque fois. Sa ligne, faire régime, se maquiller, c'est pas son problème.
Elle ne connaît pas plus le nom du ministre de la santé que celui du président de la république, et n'a pas d'avis sur la future obligation vaccination.

Des personnes comme V.A, il y en a probablement des centaines en France et des centaines de milliers sur la planète Terre. Il y a encore plus de personnes qui voudraient de pas être vaccinées et ne pas vacciner leurs enfants. Peur que leur enfant souffre, peur de la piqûre, peur des effets secondaires, des maladies que cela pourrait générer, cette grande Peur remplace celle de la peste et du choléra de nos ancêtres. Pourtant chacun se doute un peu de ce qu'il risque à ne pas se vacciner, mais il préfère s'imaginer que ça n'arrive qu'aux autres. Il ne choisit pas les bonnes pages sur le net, celles qui oublient les risques de maladies et ne parle que de ceux des vaccins. Il est vrai que de nombreuses erreurs ont entaché les politiques vaccinales, la disparition des vaccins sans sels d'aluminium, le mauvais ciblage initial de la vaccination contre l'hépatite B avec son risque iatrogène chez l'adolescent et l'adulte, la campagne politico-médiatique excessive autour de la grippe A, les rappels inutiles que l'on ne voyait qu'en France ou presque et qui nous irritaient nous professionnels de santé. Il n'est pas facile de rattraper des dizaines d'années de maladresses conséquentes par un simple appel à la raison.

Comme l'émotion ne se raisonne pas, le gouvernement a décidé de rendre 11 vaccins obligatoires.  Connivence avec les laboratoires peut-on déjà lire sur la toile : « Non » parce que tous les vaccins ne seront pas obligatoires : le BCG, la grippe, les vaccins contre l'HPV ou les rotavirus sont facultatifs voire inutiles ou déconseillés dans certains cas, les laboratoires auraient aimé les ajouter à la liste. Aujourd'hui l?État veut sauver des vies et faire des économies, car ne croyez pas qu'un foyer occupationnel, ça coûte des clopinettes. Alors il n'y a pas beaucoup de solution, soit il rend obligatoire les vaccinations contre les maladies les plus à risques, soit il laisse toutes les vaccinations facultatives mais ne prend plus en charge les soins in-errants aux conséquences d'une non vaccination : « marre de payer pour les autres » entend-on souvent.

Personnellement je n'ai pas de préférence, mais c'est toujours contrariant d'obliger et V.A est certainement mieux dans sa superbe propriété que dans le métro parisien. Si elle avait pu, elle aurait peut être fait des choix différents de ceux de ses parents, vivre en province par exemple.

Dr Jean-Paul Gervaisot

Laisser un commentaire à l'auteur


Derniére mise à jour : 11/07/17

RSS RSS
Précédent Sommaire Accueil