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Actuvision généraliste


Demain, le meilleur des mondes médicaux.

Les interviews des candidats à la présidentielle donnent quelques idées à exploiter ou à bannir qui pourraient inspirer le monde du soin de demain. La campagne présidentielle ne fait toutefois état que de v?ux pieux, à peine désintéressés. L'organisation du soin en France pour demain et après demain dans notre pays, demeure encore de la volonté du peuple, de sa capacité de résistance, et de la capacité des hommes politiques à respecter certains de leurs engagements et à mettre de côté leurs « amis ». Sont-ils capables de faire un projet cohérent ? C'est à nous de les aider en laissant de côté toute stratégie mercantile, le bien être suivra pour les soignants et pour les soignés, mais les citoyens accepteront-ils de payer si nécessaire ?.

On va donc rester dans la science-fiction et le possible en s'inspirant de ce qui a été promis de sensé et d'intéressant. On laissera de côté toutes les projets inspirés de chaises musicales ou d?hologrammes soignants.


On est dans « le meilleur de monde » :
Les libéraux et hospitaliers, qu'ils soient provinciaux ou parisiens s'entendent comme larrons en foire et se serrent les coudes dés qu'il s'agit d'améliorer la qualité des soins.
Au pays de Diderot, tout le monde accepte le fait que l'on ne peut plus tout savoir en médecine depuis des lustres. Les spécialistes ne se prennent plus pour des généralistes améliorés, et les hospitaliers ne se prennent plus pour le gratin de la profession. Les généralistes ont cessé de considérer les chirurgiens comme des néandertaliens et les hôpitaux comme des poulaillers peuplés de coqs incapables de faire correctement un arrêt de travail ou un bon de transport. Les facultés de médecines ont abandonné l'idée délirante d'être compétentes pour former seules des généralistes.

L'Europe a changé. L?accès aux soins est considéré comme un droit fondamental pour tout citoyen. Des lois sont passées en ce sens. Les entreprises privés intervenant dans le domaine du soins doivent investir la totalité de leurs bénéfices dans la recherche médicale. Elles ne peuvent pas être cotées en bourse. Exit les fonds communs de placement et reversions de bénéfices aux actionnaires.
Études douteuses après études douteuses, le parlement européen a voté la création d'un institut indépendant d'évaluation et de réévaluation des molécules pharmaceutiques. Plus aucune nation ne fait ses propres études. L'institut a pu ainsi réhabilité un certain nombre de molécules abandonnées par les laboratoires pharmaceutiques. Les économies engendrées ont participé à l'émergence d'un institut européen de recherche en pharmacologie dont le rôle est de trouver et développer les futures outils médicaux. Ces instituts sont la propriété de l?État européen et ne peuvent être statutairement privatisés.

Sur le territoire français le numerus clausus a été fixé d'abord par grandes régions , il est maintenant fixé par département, pour répondre de façon adaptée aux besoins de proximité. Le concours médical ouvrant autant au médical qu'au paramédical, il évite le gaspillage des vocations et permet aux étudiants souhaitant abréger leurs études de rester dans le paramédical. La démographie médicale en est devenue plus harmonieuse.

Les maisons médicales se sont multipliées et ont maillé le territoire. L'idée initiale d'une grande maison unique pour 30 kilomètres à la ronde a vécu. Elles sont maintenant constituées d'une structure centrale prévue pour accueillir des stagiaires en médecine générale (chambres, cuisine, salle de réunion) et de locaux pour des vacations de spécialistes libéraux ou hospitaliers. Ces médecins exercent sur plusieurs maisons médicales au prorata des besoins. Leurs vacations sont programmées à l'avance, dans le cadre d'un maillage régional centralisé par les CPAM.
Une consultation pour les petites urgences est assurée au quotidien par des omnipraticiens vacataires. Elle a permis de désengorger les urgences hospitalières dont l?accès direct a été fermé.
Les médecins généralistes peuvent exercer aussi bien au sein de la structure centrale que dans des cabinets satellites éparpillés sur les villages alentours.
Les intervenants paramédicaux s'articulent de la même façon autour de ces structures.

Un support d'échange internet type boite courriel a été validé par les instances de santé. Il est dédié aux patients et à leur médecin traitant, permettant du conseil, de l'orientation et d'éventuelles prescriptions ou renouvellement. Cette activité codifiée et rémunérée, a permis de réduire le nombre de consultations inutiles.
Les logiciels médicaux ont été normalisés afin de permettre leur utilisation comme dossier médical personnalisé (DMP) quelque soit le logiciel. Centralisés sur les maisons médicales, ils ne sont consultables via internet que par un service d'urgence spécialement créé à cet effet. Les DMP sont transmissibles totalement ou partiellement à un tiers sous la responsabilité du médecin traitant.

L'hôpital public a également évolué . Il s'est doté de médecins généralistes intervenant en inter-services. Ils prennent en charge le psychosomatique, valident les orientations inter-spécialités, en assurent le suivi, et sensibilisent les étudiants au rôle du médecin généraliste.

Les multiplications d'hyperspécialisations au champ d'intervention et de connaissance de plus en plus réduit a nécessité de revisiter la notion de médecin. Une définition précise du médecin avec à la clef une réévaluation des connaissances utiles spécialité par spécialité a été débattue et établie. Les buts en étaient :
de proposer plus tôt dans le cursus la spécialisation et et adapter la durée et la diversité des stages à chaque spécialité.
de réduire la durée des études médicales en faisant disparaître certaines pseudo hyperspécialisations pour lesquelles 10 ans d'études et plus sont inutiles.
De créer des filières paramédicales courtes pour former ces ex-hyperspécialistes.

Les caisses principales d'assurance maladie se sont rétractées en une caisse unifiée d'assurance maladie, largement inspirée de la CPAM des années 2015 : Finies les UTIM, MSA, MGEN, MFP , caisses étudiants et autres bric et broc municipaux plus ou moins efficaces et contrôlables.
Une mutuelle complémentaire optionnelle accessible à tous, tenue par la caisse d'assurance, a été crée pour limiter le dérapage du coût des cotisations d'assurance maladie complémentaire rendues obligatoires durant ces mêmes années. Les grands groupes d'assurances se sont progressivement désintéressés des mutuelles et les patients et groupes professionnels ont en repris possessions.
Le tiers payant est resté optionnel, à la discrétion des médecins. Le médecin traitant est toujours central dans l'organisation des soins, le « non substituable » est passé à la trappe, il y a tout simplement plus de nom de spécialité, uniquement la DCI, et pour une même molécule les comprimés sont strictement identiques quelque soit le fabricant : fini les discussions pénibles en pharmacie et les confusions dans les comprimés.
Plus aucun vaccin n'est obligatoire, mais en cas de pathologie type grippe rougeole oreillons ou autre, les frais liés aux complications sont à la charges des patients, pas d'IJ : la caisse ne prend plus en charge que les complications liées à la vaccination. Depuis tout le monde ou presque se vaccine.
L'utilité des bilans effectués pour des raisons médico-légales a été réévaluée et dépoussiérée au cas par cas.

Une multitude de petites économies de temps et d'argent ont été faites. L'assurance maladie prend en charge un certificat multi-sports tous les 3 ans. Toutes les demandes supplémentaires pour compétitions ou autre doivent être accompagnées d'un volet de facturation à la charge de l'institution demandeuse; Idem pour les demandes des assureurs, tous documents confondus. Les certificats médicaux pour absence émanant d'écoles, collèges, universités privés ou publiques doivent faire l'objet d'une demande écrite par l'enseignant ou le directeur d'établissement. En pratique, tous ces papiers ne sont pratiquement plus demandés aux patients et donc au médecin.
Les hommes politiques doivent se faire suivre par le médecin généraliste qui les a acceptés comme médecin traitant. Ils n'ont accès aux spécialistes que sur courrier du médecin traitant, comme tout le monde. Ils connaissent depuis le prix d'une consultation chez un omnipraticien.

Toutes ces mutations, qui ont permis entre autres d'amortir le déficit en personnel médical, se sont passées sur quelques années en douceur et dans la bonne humeur.


LES BISOUNOURS..

Dr Jean-Paul Gervaisot

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Derniére mise à jour : 06/04/17

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