Rechercher
Formation médicale continue
Divers

Actuvision généraliste


Demandez le programme des candidats !

Avez-vous écouté les réponses des candidats à nos questions sélectionnées et transmises par l'ordre des médecins ? Moi je l'ai fait et je voudrais les commenter.

Quelques remarques générales d'abord.

On peut considérer que tout le monde ne parle pas de tout compte tenu du temps imparti et des questions posées.
Certains utilisent beaucoup moins de temps que d'autres (de 11 à 15 mn selon les candidats) Tous ou presque perdent beaucoup de temps pour l'enrobage idéologique, quelque soit la durée de leur intervention, juste histoire qu'on les confonde pas avec le voisin car leurs stratégies sont limitées et ont beaucoup de points communs.
Il ne faut pas fâcher l'électeur. Il y a donc des non dits , un peu trop visibles.

Les points communs.

Tout le monde parle du fait que :
Les maisons médicalisées semblent pour tous les candidats pouvoir résoudre beaucoup de problèmes, c'est un peu trop la panacée. Elles sont d'autant plus intéressantes que si ça ne fonctionne pas, c'est le personnel médical libéral qui paiera la facture, mais ça c'est pas dit.
La réduction du travail administratif : promesse par tous de le réduire, les outils pour cela semble être les maisons médicales et le numérique. Le numérique, c'est ce qui nous permet de faire des FSE avec de plus en plus de cases à cocher, et de plus en plus lentes du fait par exemple de l'Adri et des algorithmes multiples avec les caisses. Aucune secrétaire ne pourra faire ce travail à notre place.

Personne ne parle de :
La carence en médecins pendant un moins 10 à 15 ans. En parler ne changera pas grand chose mais montrer sa lucidité donne un peu de sérieux à la prestation.
Comment augmenter le nombre de médecins rapidement : importation de médecins, création de médecins fonctionnaires sous forme d'hologrammes ?
La mauvaise « solvabilité » de beaucoup de mutuelles complémentaires : Elles coûtent de plus en plus cher aux patients et exigent du médecin des factures pour rembourser les patients.
Ces assurances qui demandent régulièrement aux patients des documents qu'elles n'envisagent en aucune façon de payer.
Ces certificats et examens complémentaires qui n'ont d'autre objet que de couvrir le professionnel de santé  ou l?institution : le risque zéro ne s'applique pas aux projets de concentration urbaine comme le grand Paris ! Dommage.

Plus personne ne parle :
D'interdire la liberté d'installation sur les zones surdotées en médecins.
On ne parle plus de supprimer le numerus clausus.

Les singularités de chacun.

Monsieur Dupont Aignan parle de vacations villages pour les médecins. Comment : on déplace le médecin du village une fois par semaine dans un village voisin. C'est un peu les chaises musicales : quant le médecin vaquera dans le village voisin, les patients iront à l'hôpital pour les petites urgences.
Et.. plusieurs cabinets pour un médecin, que va dire notre ordre ?
Il parle également parle de diversification des soins de proximité. Il faut un peu deviner ce que c'est. Nos collègues para médicaux sont saturés, chaises musicales bis ! Peut-être est ce à nous d'inventer de nouvelles professions para médicales ?

Monsieur Fillon parle de supprimer le tiers payant pour responsabiliser les patients au coût de la santé (il a eu une formation accélérée très récemment), interdiction du tiers payant ou application à la guise du médecin ou du patient, il n'est pas clair. Le tiers payant c'est pas mal quand on exerce dans certaines banlieues, au moins on ne vous braque plus pour de l'argent.
Il propose de « dénormaliser » les maisons médicalisées, c'est à dire de créer des structures dispersées et plus légères: il est le seul à parler du coût pour les médecins des maisons médicalisées. Il va falloir créer des entités administratives acceptables aux yeux de l'administration et de notre ordre. A noter que l'incitation à aller dans des maisons médicales trouve sa source à l'université. La faculté de médecine a tout intérêt à faire développer, à charge des médecins libéraux, des structures susceptibles d'assurer ses stages de formations « médecine générale », en l?occurrence ces grosses maisons médicales avec gîtes et couverts.
Le candidat parle de la possibilité de consultations téléphoniques ou internet rémunérées. Dans nos campagnes, on fait déjà ça gracieusement pour échapper à un maximum de consultations inutiles. Mais quel cadre déontologique et légal, et qui va les faire : le médecin traitant ou le médecin en zone surdotée pour arrondir ces fins de mois ?

Monsieur Hamon a été le seul à ne pas parler d'augmentation de tarif pour les médecins libéraux, il ne parle pas non plus de baisser les charges financières des médecins. Si l'on fait fi du tarif horaire, les médecins installés hors zone surdotée gagnent bien leur vie, mais personne ne veut de leur place. Les médecins n'ont pas le droit à la pénibilité. Cette absence d'approche est un « non dit » évident.
Il parle de dialogue. Tout le monde le sait, rien de mieux que de créer des commissions pour créer de l'inertie, on peut craindre qu'il n'ait pas de projet sain pour la médecine libérale.
Enfin il envisage l'absence de conventionnement dans les zones surdotées. Le gros risque, c'est qu'à défaut de pouvoir s?installer en ville ou au soleil, il y ait encore moins de volontaires pour devenir médecin généraliste.
Il est le seul à rappeler que l?accès au soin est en France un droit constitutionnel. Il n'évoque pas les moyens à mettre en place pour éviter que ce droit soit exploité à des fins mercantiles.

Madame Le Pen parle de revaloriser la recherche en France. Pourquoi pas, mais c'est hors sujet.
Elle parle de revaloriser les campagnes. Effectivement, on est dans du projet à long terme qui exige de changer les mentalités. Cette revalorisation ne dérangera personne, les citadins resteront citadins..
Elle veut remettre en place la médecine scolaire et étoffer le rôle de la médecine du travail. Les médecins de ville ne seront pas pour autant plus nombreux ni soulagés d'une part de leur tâche.
Elle veut arrêter l'aide médicale gratuite car profitant essentiellement aux émigrés. Mon secteur semble ne pas respecter ses statistiques !

Monsieur Macron parle de l'innovation industrielle et des nouvelles technologies pour aider la médecine. C'est spéculatif et les industriels ne font pas dans le bénévolat, ça coûte cher. Confier à des sociétés privées notre santé, laboratoires médicaux, assurances, n'a jamais fait qu'engraisser les fonds communs de placement: Il manque un cadre à l'échelle européenne.
Il parle de désengorger les sorties d'hôpital pour désengorger les urgences. Il oublie que l'on engorge parfois les urgences parce que les pseudo urgences sont très rentables dans certains établissements.

Beaucoup parlent de :
Prévention. Jusqu'à présent, ça s'est toujours ajouté à notre travail.
Tiers payant volontaire. La voie de la raison à mon avis.
Numerus clausus à supprimer, ou comment mettre sur le dos des facultés de médecine l'incapacité à définir le nombre de médecins à former.
Numerus clausus à régionaliser : au moins ceux qui veulent être médecins auront une dizaine d'années pour s'habituer à leur région d'adoption.

Les incohérences.
Une permanence de soins prés des urgences, ça ne règle pas le problèmes des urgences, ça le déplace : on enlève un MG libéral de son village pour le mettre devant les urgences, le village viendra devant les urgences.
La multiplication des maisons de santé pour lutter contre les déserts médicaux, ça ne va pas augmenter le nombre de médecins, et que ça attire les jeunes médecins loin de la ville : purement spéculatif.

Dr Jean-Paul Gervaisot

Laisser un commentaire à l'auteur


Derniére mise à jour : 21/03/17

RSS RSS
Précédent Sommaire Accueil