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Médecine générale, à droite comme à gauche, les rails sont déjà posés pour son avenir.

Le numerus clausus pour les médecins a été augmenté régulièrement de 2001 à 2009 après avoir été victime d'une chute vertigineuse et inconsidérée depuis 1977. Il a stagné depuis 2009 à 7400 étudiants, soit à peu prés le numerus de 1979, sans doute parce que les autorités sanitaires pensaient y trouver un chiffre de croisière. Ça s'est révélé très insuffisant puisque le nombre d'installations en médecine générale est encore aujourd'hui inférieur au nombre de départs en retraite.*
Sources wikipedia *

Marisol Touraine a donc augmenté cette semaine Ce numerus clausus de 478 places. Un bref calcul permet d'en mesurer les conséquences théoriques : Si il y a 15 ans, le numerus clausus avait été augmenté de 478 places de plus qu'il ne l'a été , cela représenterai aujourd'hui environ 14 médecins généralistes en plus par département français dans le meilleur des cas, et 62 dans 10 ans. Les premiers de ces médecins nés de cette mesure prendront leur retraite dans 10+40 soit 50 ans. Le point d'équilibre sera de 40 x 14 médecins généralistes en plus par département sera donc de 560 dans 50 ans. Bref, sauf explosion de la population ou modification importante de la fonction de médecin généraliste, il devrait à nouveau y avoir trop de médecins généralistes dans 30 ou 40 ans.

En fait ce n'est pas si simple, le gouvernement actuel a dû faire ses comptes pour proposer ce nouveau numerus, mais il reste plus intuitif qu'autre chose, il est peut être même simplement pré-électoraliste.
Depuis 10 ans le numerus est assez proche des numerus des années 70, numerus qui a engendré une surpopulation médicale relative. On devrait donc commencer à combler le trou induit par les années allant de 1977 à 2001. Ça n'est pas le cas. La cause est connue, elle tient au fait que les médecins veulent travailler moins, c'est à dire comme tout le monde. Le choix « médecin généraliste » est boudé par les étudiants pour beaucoup de raisons : formation inadaptée, désinformation hospitalière, impasse professionnelle, et, trop de charges en perspective : le médecin traitant au centre du réseau de soins, quand on subodore sa charge de travail à défaut de la connaître, ce projet est digne de Cervantès. Ainsi, cette semaine, ma remplaçante étant absente, j'ai fait 70 heures de travail, plus mon dimanche matin afin d'être à jour pour lundi. Les jeunes médecins ne veulent plus faire cela, ils ont raison. Alors, on me parle d'être «l'acteur central du parcours de soins» : quand? le dimanche après midi, la nuit ?. On me parle du dossier médical partagé,(DMP), je vais le remplir avec qui : des gens qui ne font déjà pas les bons de transport ou les arrêts de travail ; Sincèrement, vous croyez qu'ils vont remplir le DMP !

Les maisons médicales paraissent une étrange idée tel qu'elle est présentée. Prendre les 10 médecins des 10 villages alentours pour les regrouper dans une même structure n'a jamais augmenté le nombre de médecins par habitants. Indiscutablement les étudiants que je côtoie projettent de s'installer dans ce type de maison. L?État subventionne. Les règles sanitaires vont faire qu'à terme, il pourrait n'y avoir plus que des maisons médicales. Quel intérêt ?: peut être celui de limiter le temps de travail des médecins et de ne pas prendre le risque de voir un jour tous les médecins passer de 44 heures par semaine (moyenne actuelle) à 60 ou 70 heures et de voir le nombre de consultations exploser avec les conséquences que l'on imagine sur le budget de la sécurité sociale.Limiter par quel biais ? : il suffit de subventionner un nombre précis non extensible de médecins par maison médicale, les contraintes sanitaires rendant dissuasives la créations de cabinets médicaux indépendants.
La réduction du paiement à l'acte et les rémunérations sur objectifs de santé publique (ROSP ) doivent aussi réguler le risque d'inflation des dépenses.
Ces mesures devraient permettre une applicabilité facile, opportuniste de la "règle d'or" imposant l'équilibre des comptes de l'assurance maladie, via la réduction des primes (ROSP).


En pratique tous les gouvernements quelques soient leurs sensibilités politiques optent pour ces solutions, solutions cohérentes qui régleront le problème de la liberté d'installation sans avoir à légiférer, mais qui ne règlent absolument pas nos problèmes actuels de sous effectifs.

Quant au numerus clausus, s'il y a trop de médecins dans 30 ou 40 ans pour le nombre de maisons médicales.. cela permettra de baisser leurs salaires.



* Les médecins qui partent à la retraite aujourd'hui se sont installés il y a 40 ans, ils ont commencé leurs études en 1968, date à laquelle le numerus clausus devait être de l'ordre de 8600 (je n'ai pas retrouvé les chiffres exactes, il était à 8588 en 1972), on devrait presque être à l'équilibre.

* https://fr.wikipedia.org/wiki/Numerus_clausus_dans_l'admission_aux_%C3%A9tudes_de_sant%C3%A9_fran%C3%A7aises#Historique

Dr Jean-Paul Gervaisot

Dr Jean-Paul Gervaisot

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Derniére mise à jour : 28/11/16

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