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Et si l'on réduisez la durée des études médicales.

Les programmes de santé des candidats font beaucoup état de contraintes supplémentaires pour les futurs médecins. L'idée par exemple d'obliger les jeunes médecins à s?installer initialement dans les déserts médicaux risque de réduire encore plus le nombre de vocations. La sélection par la motivation et les qualités humaines est séduisante, mais entre le début du cursus et sa fin, ses qualités ont le temps de changer.
Ces mesure n'influeront pas sur le déficit en médecins. Seules l'augmentation du numerus clausus et la ventilation de certains actes médicaux vers d'autres spécialités para-médicales pourront réduire la charge de travail des médecins, sous réserve que les médecins exerçant en zone de sureffectif ne s'y opposent pas et obtiennent gain de cause.

Si on veut plus de médecins plus rapidement, il faut réduire le nombre d'années d'étude : Augmenter le nombre d'années d'études n'a pas de sens. Ce serait utile si tout ce qui avait appris avant était indispensable, et tout ce qu'on ajoute après l'est autant. Mais ce n'est pas le cas car les médecins ne sont pas des « Omnipraticiens ». A chaque spécialité ses prérequis et ses spécificités.
En outre, cette inflation de connaissances imposées est contre productive en terme de vocation.

Se rappeler de son expérience estudiantine n'est pas inutile pour amener une réflexion éclairée sur les études médicales, la fac de médecine n'est pas l'ENA. Le souvenir le plus pénible que je garde de mes études, c'était ces stages ennuyeux à remplir des dossiers types pendant 3 mois sur le même sujet, à voir toujours les mêmes pathologies, et à bailler en attendant la pause café. Non pas que je connaissais tout, mais ce qui était de mon niveau d'étude était vite intégré, et ce qui ne l'était pas encore demandait tant de connaissances et d'expérience qu'il aurait mieux valu que je fasse ce stage plus tard dans mon cursus.


Alors, voilà ce que je conseillerai au futur ministre de santé en qualité d'ex étudiant de fac et de MG vétéran, toujours étudiant ailleurs.

Retirez en particulier des années préparatoires toutes les matières purement sélectives et remplacez les par des matières théoriques ou pratiques susceptibles d'être utiles à l'étudiant ou à la collectivité en cas d'échec au concours .

Orientez très rapidement les étudiants vers leurs spécialités, n'attendez pas la 5ème ou 6ème année. Leur cursus doit être sensiblement aussi long que le cursus des généralistes. Un médecin qui ne fait que de la rythmologie cardiaque n'a pas besoin de faire 10 ou 15 ans d'études. S'il s'oriente très tôt vers sa spécialité, il y consacrera plus de temps et sera autant médecin que chercheur, sa spécialité évoluera d'autant plus rapidement. 12 ou 13 ans d'études médicales tel quelles sont conçues actuellement ne le rendront pas plus hyper-spécialisées que 9 années bien ciblées.

Réduisez la durée des stages hors spécialité. Il y préférable de faire 3 fois un mois dans une spécialité, à des périodes différentes du cursus médical, qu'une fois 3 mois surtout en début d'étude médicale. Cette durée devra être modulée en fonction de la futur spécialité.

Créez un pôle de médecins généralistes hospitaliers ayant des postes inter-service et jouant le rôle classique du généraliste, c'est à dire un rôle d'interface inter-spécialités. Il sera aussi enseignant pour les futurs généralistes. Sa présence induira des vocations de médecins généralistes. Actuellement MG, c'est l'inconnu pour beaucoup d'étudiants.

Permettez aux généralistes après 45/50 ans de devenir spécialistes s'ils le souhaitent. Changer d'exercice pour un travail plus cadré faisaient partie du parcours professionnel de beaucoup de généralistes il y a 30 ans. Ça n'est plus envisageable aujourd'hui. Médecine générale pour beaucoup d'étudiants apparaît comme une impasse dangereuse et épuisante. Ils doivent savoir qu'à l'avenir 'ils pourront évoluer s'ils choisissent cette voie.

Introduisez des médecins généralistes de terrain, de déserts médicaux dans vos conseillers, ils devraient, je l'espère, assez bien supporter la pollution parisienne.

Dr Jean-Paul Gervaisot

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Derniére mise à jour : 28/11/16

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