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Gilles et Louise en Zambie: une journée ordinaire
14 mars 2000
Nous travaillons encore beaucoup mais on a maintenant un peu plus de temps pour souffler. Cela fait deux nuits complètes qu'on dort sans urgence a l'hôpital.
Les journées commencent pour nous à 05h45 avec le lever du soleil. Depuis quelques jours, c'est un peu frais le matin (18-19°C) et parfois il pleut. On commence par un p'tit tour à la latrine (encore un trou dans le sol entouré de plastic sheeting) puis on met l'eau à bouillir sur notre rond de poêle à pétrole pour se faire un RICOFFY (la marque de café instant ici). Pendant que l'eau chauffe, je chasse les chiens et les chèvres de notre camp et je me rase (il fait encore un peu noir alors j'en oublie des bouts et je me coupe parfois). Après c'est le p'tit dej (il ne reste que des wheet-bix depuis quelques jours, avec du lait en poudre NIDO = un régal!).
| A 07h00, c'est parti mon kiki! Tournée des malades dans nos belles tentes
dispensaires: 7 lits pis une petite table dans une tente et huit lits dans notre deuxième
tente (celle pour l'isolation des cas de diarrhée sanglante) (shigellose pour ceux que
ça intéresse) et plein de mouches et de maringoins dans les deux tentes. Plus de la
moitié de nos patients ont moins de 5 ans. Nous traitons surtout des cas de malaria
sévère, des infections respiratoires, des complications associées à la grossesse (!)
et des traumas. Il y a les admissions, les congés et plus de 80 consultations a l'OPD
(out patient clinic) par jour.... En plus de cette charge clinique, Louise fait la vaccination contre la rougeole tous les jours (environ 150 enfants par jour et gestion de la chaîne du froid pour garder les vaccins entre 4 et 8° C), gère la pharmacie MSF (consommation, commande, etc), stérilise nos instruments chirurgicaux, assure l'hygiène hospitaliére, gère les déchets médicaux et taquine Jean-Philippe, notre logisticien. De mon côté, je fais mon ti-boss (c'est moi le chef de cette mission) alors j'assure les contacts avec les autorités zambiennes, civiles, médicales et militaires (par exemple, il y a des rafales de mitraillette actuellement et j'ai du aller voir les militaires pour en connaître la cause), avec les représentants des réfugiés et avec nos partenaires soit le UNHCR, CARE et MSF-Holand qui sont tous en deuxième ligne à Nangwheshi ou à Mongu (notre équipe est la seule sur la frontière avec les réfugiés). |
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Je suis les mouvements de population (arrivées et départe des réfugiés) et assure le triage médical des réfugiés avant leur évacuation sur Nangwheshi. Je fais les statistiques de l'OPD ("l'urgence") de l'IPD ("l'hospit") et des mouvements de populations pour prévoir nos commandes de médocs et la poursuite du programme. Je m'implique avec JP dans la gestion des besoins en eau (calcul des besoins, capacité des réservoirs, besoin en pompe, etc) et de la sanitation. Je suis aussi le responsable de la sécurité de mon équipe (véhicules, radio, téléphones-satellite, malle bouffe, malle d'urgence, etc) et des relations avec les médias.
Nous monitorons aussi la situation des réfugiés le long de la frontière entre Shongombo et Imusho. Les déplacements sont de plus en plus difficiles en raison de l'inondation des routes mais aussi en raison de l'insécurité le long de la frontière. Avant chaque déplacement, il faut aller aux infos sur la sécurité, les combats, les mines, etc. Nous prenons cette recherche d'informations très au sérieux.
Il y a 48 heures, Louise et moi sommes allés à "Dominic" un peu au nord de Sinjembela pour évaluer la population de réfugiés là bas. Nous avons fait 182 consultations en 6 heures, quelques chirurgies (drainage d'abcés, débridement de plaies, etc) et 69 vaccinations. Nous avons aussi fait nous même la distribution des médicaments, les pansements et les autres soins. Ca y allait aux toasts!
| Nous répéterons cette opération sur Namatanda cette semaine (plus de
200 refugiés dont 80 handicapés). Beaucoup d'angolais sont handicapés car l'Angola est l'un des pays les plus minés au monde. NDLR:source images: http://www.care.org/info_center/photos/landmines/ |
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Vers 18h00, nous rentrons au camp pour une douche avant la tombée de la nuit puis vers 19h00 nous mangeons nos conserves. Vers 20h00 les maringoins sont insupportables et nous devons aller dans nos tentes.
Malheureusement, on se repose peu car c'est l'heure où on vient nous chercher pour les urgences à l'hôpital. Heureusement pour nous, les deux dernières nuits on été complètes mais les nuits précédentes il y a eu des urgences l'hôpital...
La route vers Senanga est maintenant impraticable. La seule façon de repasser à l'Est de Zambèze est maintenant par le parc (plein de lions semble-t-il) et Sescheke puis Livingstone. La route est plus longue mais au moins lorsque notre mission sera finie (dans 10 jours!) nous pourrons voir les chutes Victoria a Livingstone (en fait à Victoria Fall au Zimbabwe juste à côté) avant de rentrer sur Lusaka, puis Londres et Paris.
Voilà pour les news,
A bientôt,
Louise et Gilles
Avec l'aimable autorisation du Dr Gilles Beaucage - Source: Mailing list Urgenet - Québec
- Canada
URGENET : association des médecins d'urgence du Québec
Dernière mise à jour le 17/03/2000