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Trucs et Astuces diverses
Cricothyroïdotomie à l'aiguille : le geste de la dernière chance
La cricothyroïdotomie à l’aiguille n’est utilisable que si l’obstruction siège au niveau de la glotte (épiglottite) ou au-dessus d’elle (corps étranger totalement obstructif, impossible à extraire ou à expulser par la méthode de Heimlich).
Les complications classiquement citées hémorragie locale, emphysème sous-cutané ou médiastinal, luxation du cartilage laryngé, lésion de l’isthme médian de la thyroïde ou des cordes vocales, perforation œsophagienne sont rarissimes à condition que les repères anatomiques soient recherchés rigoureusement.
L’ENFANT, inconscient à ce stade, est installé à plat dos. Un drap roulé est glissé sous ses épaules de façon à amener son larynx en position aussi antérieure que possible [figure 2]. La ponction est réalisée à l’aide d’un cathéter veineux court, de fort diamètre (14 à 16 G), monté sur une seringue.
Après désinfection locale, l’opérateur utilise son ongle pour repérer la membrane intercricothyroïdienne, facilement localisable au niveau de la petite dépression située entre les cartilages thyroïde et cricoïde [figures 1 et 2], qu’il ponctionne perpendiculairement et sur la ligne médiane. La progression de l’aiguille se fait « le vide à la main », afin d’objectiver l’arrivée du cathéter dans la lumière trachéale par l’aspiration d’air dans la seringue. Le cathéter est alors incliné en avant et en bas en direction de la carène [figure 3]. Après avoir retiré l’aiguille, il est poussé à fond dans la trachée et sa bonne position est confirmée par une nouvelle aspiration d’air [figure 4].
La perméabilité des voies aériennes étant ainsi rétablie, deux situations sont possibles.
- L’enfant se remet à ventiler spontanément au travers du cathéter. Il suffit alors d’enrichir en oxygène l’air inhalé en utilisant un masque à oxygène placé à proximité de l’orifice proximal du cathéter.
- L’arrêt ventilatoire persiste. Le problème consiste alors à bricoler un dispositif de fortune destiné à relier l’extrémité du cathéter à un ballon autoremplisseur alimenté en oxygène pur. Pour cela, nous proposons deux solutions simples, qui ont l’avantage de n’augmenter que très modérément le volume de l’espace mort :
*le cathéter est relié à une seringue de deux millilitres ; un raccord de sonde d’intubation adulte n° 8 permet de relier le corps de la seringue au ballon autoremplisseur [photo 1] ;
*on utilise un raccord de sonde d’intubation pédiatrique n° 3 qui permet de réaliser la jonction directe entre le ballon autoremplisseur et l’extrémité du cathéter [photo 2].
LA cricothyroïdotomie à l’aiguille est « le geste de la dernière chance » permettant de maintenir en vie un enfant présentant une obstruction complète des voies aériennes lorsque les techniques habituelles ont échoué. Dès lors que l’indication est correctement posée, l’hésitation, malgré le caractère agressif de la méthode, ne doit pas être de mise, d’autant que le geste est relativement simple à réaliser. Précisons que la cricothyroïdotomie à l’aiguille n’est qu’une méthode de sauvetage.
Voir texte complet et images: http://www.legeneraliste.presse.fr/legene/webfmc/gestprat/cricoth.pdf
Pour en savoir plus : http://www.legeneraliste.presse.fr/legene/alaune/sommaire.htm
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