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Evidence-blues médecine




Des souris et des hommes, puis encore des souris ...

Le médiator n’est pas encore sorti des pharmacies qu’une nouvelle molécule, le topiramate , est détournée de sa visée première ( l’épilepsie , et accessoirement la migraine ). Les demandeurs d’amaigrissement n’ont plus de médiator, qu’à cela ne tienne, arrive l’epitomax.

Voici quelques années, aux USA, une campagne de « moralisation » de l’usage des benzodiazépines avait abouti à une hausse sans précédent de la consommation d’une autre molécule plus ou moins salubre, le méprobamate, pour « remplacer » les diazépines

Au début, était la molécule, « originale », ou pas . Puis arrive le chercheur. Il est généralement installé dans un paradis artificiel de la Syllicon valley. Allées fleuries, arrosage intégré des espaces verts, et clefs du labo pour un travail à la carte. Les enfants du chercheur, eux, ont droit à la piscine, et à l’école gratuite. En plus du blanchissage. Le chercheur vient quand il veut, le matin ou le soir.
On cherche un an, on trouve. Ce que l’on veut, pourvu que cela rapporte .

Une molécule, un chercheur. Des souris . On donne la molécule à la souris. Elle maigrit : on a inventé un anorexigène. Elle a du duvet sur le ventre : on a inventé un traitement de la calvitie. Elle a le train arrière qui rebondit : un nouveau traitement contre le vieillissement.
On espérait du 12% l’an sur un nouvel hypotenseur ? Cela fera du 20 pour un régulateur de l’appétit!
On croyait ferme aider le sort des parkinsoniens ? On va doubler les bénéfices en raidissant les impuissants . Ce que l’on trouve dépasse ce que l’on cherche .

Ensuite à nouveau des hommes. On a besoin de vérifier, qu’en maigrissant, les plaquettes ne chutent pas ( trop ) . On a besoin de vérifier que les chauves ne deviennent pas ( trop ) diabétiques en repeuplant leur crâne. On vérifie ( un peu ) que les vieux remusclés ne fassent pas ( trop) d’infarctus.
Et tout cela coûte cher. Pour payer les chercheurs, les allées fleuries , l’arrosage intégré, la blanchisseuse .

Et puis enfin l’être humain, revenu au rat. Le rat investisseur, qui veut du résultat . Puis le rat chauve, le rat vieilli, le rat bougri . Tout celui prêt à avaler n’importe quoi, parce que la vie est une cage, et que le parloir en est devenu la pharmacie .

Le capitalisme est l’avenir du genre humain. Pour prouver que « la souris qui chante », le « pas net des singes » ont remplacé la « vache qui rit », l’investisseur est prêt à tout synthétiser . La molécule, sa vie, son œuvre.
Le maquillage des effets secondaires est son dernier effort, le sacrifice commun.

Alors quelques souris improvisées, aidées par quelque prescripteur fou, en redemandent . L’effet secondaire redouté devient l’effet découvert recherché .

C’est l’histoire du médiator , puis désormais de l’epitomax. On peut mettre quelque laborantin dans une cage, on n’empêchera pas la multiplication des souricières.



Dr Bruno Lopez - Casteljaloux


Derniére mise à jour : 26/08/11

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