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La cabane de madame Duparc


Une publication du "british medical journal", du 10 mai 2011, semble révolutionner la prise en charge de ce que l'on appelle la "bpco", ou "bronchopneumopathie chronique obstructive". C'est une affection liée, pour beaucoup, au tabagisme, et dont le traitement est, à ce jour, desesperement pauvre.


Des médecins britanniques sont allés fouiller dans une base de données, entre 2001 et 2010, concernant 5700 patients insuffisants respiratoires, et se sont aperçus que ceux qui se voyaient administrer des betabloquants mouraient moins que les autres ( 22% de moins au bout de cinq ans ). Leur thèse, révolutionnaire, revient à prétendre que cette sous- mortalité ne s'explique pas uniquement par le fait que beaucoup d'insuffisants respiratoires sont aussi des cardiaques, et que ... les betabloquants soignant les cardiaques, soignent évidemment les cardiaques insuffisants respiratoires !
Ils pensent donc sérieusement que tout insuffisant respiratoire, même non cardiaque, devrait se voir ajouter cet autre médicament à la longue liste de ceux qui lui sont proposés...L'ennuyeux est qu'ils recommandent, tout de même, pour rendre cette adjonction moins déletère, d'y ajouter aussi ce que l'on appelle un médicament muscarinique, soupçonné, dans une autre étude récente, de déclencher... des troubles cardiaques !

Prescrire rappelait, voici deux mois, l'anecdote suivante. Une pharmacienne, madame Duparc, doit acheter un abri de jardin. Le livreur lui propose un traitement "spécial" du bois, qui réduit de dix pour cent à cinq pour cent, donc de moitié, le risque de termites dans les deux ans. Les travaux scientifiques de l'artisan, fondés sur la méthode actuarielle de Kaplan-Meir sont inattaquables au plan méthodologique.
Madame Duparc, qui est une femme intelligente, refuse le traitement . Pourquoi ? Tout simplement parce que si le bois qui resiste deux fois plus aux termites la deuxième année pourrit au bout de cinq ans, et si la cabane ainsi protegée des termites vire au rouge au bout de trois ans... elle n'aura rien gagné.
La pratique médicale n'est pas l'art de la jardinerie. Cependant il est possible, voir probable que, si demain les millions de malades porteurs de bpco post tabagiques se voyaient adjoindre un médicament dit "indispensable" au vu de l'étude de nos confrères britanniques, nous verrions probablement fleurir les impuissances, les céphalées, les arrêts cardiaques et autres sous estimations de maladies coronaires ainsi "maquillées".
La vie n'est certes pas un long fleuve tranquille. Mais la santé n'est pas, non plus, un abri de jardin.Nous, médecins, refusons d'en être aussi les nains.





Dr Bruno Lopez - Casteljaloux


 

 

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Dernière mise à jour le 26/06/11