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Le pic de doute

Y aura t’il un deuxième pic, un troisième pic ? Qui a bien géré cette affaire ? Ne vaudrait-il pas mieux se demander si les défenseurs, et les détracteurs, de Roselyne Bachelot ne sont pas, au final, les « co-gérants » de ce qui devrait nous guider pour les autres « pics de doutes » .
Un « plus jamais ça », ou, tout du moins, un « plus jamais comme ça ». Travaillons –y dès aujourd’hui.
Très souvent, il nous est dit que le principe de précaution, appliqué à la question de la grippe A, a voulu s’inscrire en totale opposition vis à vis de la tristement fameuse affaire du « sang contaminé ». Mauvaise pioche.
Mon petit voisin de l’époque était adepte de l’escalade. L’hématologue du district encourageait fortement cet enfant à cette activité, quand bien même cet enfant fut hémophile.
Et au nom du principe de précaution, cet enfant recevait son lot de sang contaminé très régulièrement, pour aboutir à une séropositivité HIV.
D’autres enfants de ce pays sont morts aussi pour des extraits d’hypophyse revenus de Roumanie, ou d’ailleurs. La précaution étant, dans ce cas –là, de ne pas laisser au hasard le choix d’avoir un enfant plus petit que les autres.
Argent, doutes, pics, escalades, enfants pour double dose. Immixtion incontestable des intérêts spéculatifs sur les peurs, les menaces, et les contre-menaces.
Qu’est-ce qui, au final, sépare la gestion des lots vaccinaux de celle des poches contaminées et des hypophyses infectées ?
Ce vaccin-ci est- il coupable, est –il trop cher, aurait-on pu mieux utiliser l’argent public, et mieux se servir des médecins du terrain dès le début ?
« Responsable mais pas coupable » pour Georgina Dufoix. « Responsable mais pas capable » pour celle qui s’ingénie encore à nous parler d’autres pics.
Et nous, dans tout ça ?
S’en « servir » de ces milliers de généralistes, mais pour quoi ? Uniquement pour piquer ? Non, certainement pas. Uniquement pour associer l’expertise du terrain à l’expertise de la peur.
Pour cibler les indications, plutôt que d’aller maintenant faire la course aux « malades volontaires » après avoir fait celle aux « médecins volontaires ».
Les « pics de doute » vont désormais se réveiller souvent. Sur la meilleure stratégie pour éviter tel cancer, sur tel dépistage précoce aboutissant à l’ouverture systématique des parapluies administratifs, sur telle médication aussi chère que minutieusement concoctée pour faire mentir les experts, et ceux qui les écoutent.
Les peurs mondiales auront des corrupteurs-bienfaiteurs à l’échelle mondiale, et chaque levée de propagande engendrera sa contre vague de rumeurs. Régression du sens général, progression des « coups » médiatiques, et explosion des budgets sanitaires seront à la une quotidienne.
La profession médicale, qui se demande bien à quoi elle sert, n’a plus que deux choix possibles. Soit suivre ses intérêts corporatistes, et vouloir participer aux bénéfices engrangés de chaque salve promotionnelle.
Soit réagir, et supprimer le virement bancaire qu’ Hippocrate a concocté, de manière implicite , avec l’industrie du doute, des peurs et des gabegies.

Dr Bruno Lopez - Toulouse


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Dernière mise à jour le 09/01/10