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Evidence-blues médecine

Biarritz : congrès sur sur la prostate

Bonjour camarade.
Tentons d'avoir une conversation de qualité, sans invective s'il te plait. Tu es contre le dépistage du cancer de la prostate. Comme certains d’entre nous. Tu dis que ce dépistage ne sauve personne, ou presque, et que les faits têtus te donnent raison. Tes camarades, contournant le regard de leurs femmes potentiellement veuves, prétendent que les garder heureuses dans les joies de la virilité aveugle vaudra toujours mieux, et mieux d'amour, que de les imaginer tristes au chevet de maris bourrés de couches, de métastases, ou de stylos caverneux.

Prends une plage de la côte basque. Un vent force 7 . Deux maîtres nageurs de la cinquième CRS, et mille personnes en train de se baigner.

A la lunette, un des CRS voit un type en train de se noyer. Il appelle son chef, envoie un hélico, ce qui coûte cher, et va chercher le type, qu'il ramène à la rive. Or ce type était un dépressif, parti au large avec peut-être l'idée de se noyer. Un an après, il se jette du troisième étage de son immeuble.

Sur une autre plage, on a supprimé les drapeaux, les maîtres nageurs, et on laisse tout le monde batifoler, sous prétexte que la mer est quelquefois, inéluctablement , motif de noyade et que les CRS sont des athlètes morbides payés uniquement à "mater les gonzesses".

Un statisticien, passant par là, l’automne suivant, crie illico au scandale, et victoire à la fois :
"regardez, sur mille personnes baignant sur les deux plages, la mortalité totale est au final la même. Pire, sur la plage qui comporte encore des maîtres nageurs, la mortalité spécifique par noyade a, certes, diminué de un, mais le nombre de morts au total est augmenté de un !". Les baigneurs applaudissent.

Ce que tu proposes, camarade, est de supprimer les drapeaux, virer les CRS, et respecter le vent.

Laissons tourner les « illico », et surveillons la plage, veux-tu ?


Dr Bruno Lopez - Toulouse


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le 09/06/09 : Allez voir ceci en réponse !
http://www.jaddo.fr/2009/06/07/prenons-une-plage .

le 11/06/09 : joli mais trop réducteur pour un débat si complexe..

le 12/07/09 : Cette illustration balnéaire est très mal adaptée au dépistage du cancer de la prostate par le dosage du PSA.
Ça me rappelle mes cours de philo avec les sophistes dans leur grotte...
Les médecins ( j'en suis aussi un ) ont du mal à accepter que parfois, laisser faire la nature, est plus bénéfique pour le patient que l'interventionnisme aveugle.

Le dogme du "plus on traite tôt un cancer, plus on a de chance de guérir le patient" s'avère particulièrement faux pour la majorité des cancers de la prostate asymptomatique.

C'est dur pour notre ego mais parfois ( souvent ? ) les patients s'en sortent mieux sans nous.

Hépatite mortelle au KETEK prescrit pour une rhinopharyngite qui aurait guérie toute seule.

Impuissance, douleurs pelviennes chroniques pour une prostatectomie d'un cancer qui n'aurait jamais fait parler de lui.

Mutilantes mastectomies de dix femmes pour des cancers qui n'auraient, eux aussi, jamais été symptomatiques pour peut-être sauver une seule femme d'un cancer agressif ( je parle des mammographies de dépistage ).

Etc, etc.

Ras-le-bol de ces Dr KNOCK persuadés du bien-fondé de leur interventionnisme et qui avance à grand pas les yeux bandés et la seringue à la main.

le 18/12/09 : Pour garder la même comparaison de la plage, il serait plus adapté de dire que sur une plage, un bateau à moteur s'approche régulièrement des nageurs pour s'assurer qu'ils n'ont pas de risque de noyade au risque de les blesser en s'approchant trop près, et que sur l'autre plage, les maîtres nageurs attendent les premiers signes de noyade pour intervenir, au risque de le faire trop tardivement.
Ceci étant le caractère conflictuel des débats sur le bien fondé du PSA tient à la nature de ce débat.
Il ne s'agit pas de confronter 2 attitudes à partir de données chiffrées connues, mais bien d'un débat philosophique.
C'est bien pour cette raison que la décision doit être prise dans une démarche d'EBM, qui intègre bien sur les données de la science, mais aussi le patient et la situation à la décision.

 

 

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Dernière mise à jour le 18/12/09