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Evidence-blues médecine

Pourquoi on reste ....

Vous pouvez lui écrire, il est le chroniqueur de musique classique au "Monde". Il s'appelle Gérard Condé. Il nous parle des pianistes, dédiés à tel ou tel compositeur. Le 25 juillet 2007. Je cite : "En médecine comme en tout, on se méfie des généralistes, et même si cela doit coûter un peu plus cher désormais, la tentation reste forte d'en consulter un ( spécialiste ) à la moindre palpitation plutôt que de prendre le risque de s'entendre dire par son médecin de famille que la chose, en soi, n'a rien d'inquiétant. En musique, c'est la même chose. A-t-on envie de réentendre une mazurka de Chopin diffusée par hasard sur une radio périphérique ?"
Je ne vous connais pas, monsieur Condé. Je fais partie du peuple des illettrés.
Je suis généraliste. C'est vrai que j'en ai mangé des menuets réchauffés au micro-onde, révélé des cancers tôt minables et entendu des ronds dos, courbés par la misère.
Je suis le dobberman-clayderman, pianiste chien de garde du système de santé, celui qui joue dans les bars du soir à assumer les déficits de la direction.
Je ne vous en veux pas que vous ayiez osé dire cela. Je suis simplement peiné que votre journal, tout aussi généraliste que moi, ai pu laisser passer ce genre de bon mot. Vous seriez de ceux pour lesquels on tuerait l'amour de son voisin. Le "bon à tirer", le "bon à déprimer" de la comparaison qui tue.
Mais c'est peut-être vrai. Il est possible parfois que les catastrophes de la vie, comme Wagner à Bayreuth, aient besoin de lourdes mises en scène, vous savez. Le professeur et ses externes, la secrétaire qui vous fait grincer un diagnostic pas si bon mais si cher. Puis le psychologue, et la maquilleuse pour la perruque d'après la chimio.
C'est vrai que Ravel par Perlemuter, c'est beau au fond des pick-ups. Et Ciccolini pour Debussy aussi. Mais vos propos de fils de ut vous font vous mettre à do celui qui vous a lu.
Je connais par ci, par là, quelque Rachmaninoffologue rassi qui saura vous effrayer à tort, et à grand prix, là où quelque mazurka banale vous aurait bien suffi.
Car la vie médicale est devenue la cacosymphonie des arrogants experts, et je vous mets en garde contre la partition des riches qui frolerait l'excellence et celle des pauvres, qui rassureraient à trop bon compte.
Vous vous trouverez probablement injustement critiqué pour une métaphore qui n'était là que pour donner le la, mais ce soir d'été, un pianiste de garde, sa comptabilité finie, ne voulait pas rabattre son pupitre sans vous claquer les doigts.
Nous ne résistons pas aux mêmes tentations.


Dr Bruno Lopez - Fonsorbes


 

 

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Dernière mise à jour le 27/07/07