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Actualités et Revue de presse

La vogue des médecines par les plantes.

Les américains n'ont jamais été en aussi bonne santé et n'ont jamais vécu aussi longtemps. Pourtant, des millions d'entre eux se soignent par les " herbes ".

Ce sujet fait l'objet d'un article dans le New England Journal of Medicine ( 19/12/2002 ). Il porte sur la qualité, la sécurité et l'efficacité de ces traitements. Aux USA, considérés comme suppléments diététiques, ils ne sont pas soumis aux contrôles qui règlementent les nouveaux médicaments. Par ailleurs, leur " étiquette " est souvent mensongère. Ainsi, la teneur en principes actifs du Ginseng varie notablement selon le produit. D'autre part, ce qui est " naturel " n'est pas fatalement inoffensif.

Cette thérapeutique est dite " alternative ", comme l'acupuncture, la chiropraxie, la méditation, l'homéopathie...etc. Selon le CDC, 29% des adultes les utilisent, 10% d'entre eux se soignant avec des herbes. Leur font volontiers appel les femmes, les personnes jouissant d'un bon niveau d'éducation, celles qui sont atteintes de maladies chroniques. Elles reprochent à la médecine conventionnelle son caractère impersonnel, les effets secondaires des médicaments qu'elle prescrit. Les praticiens alternatifs offrent du temps, des paroles réconfortantes...etc.

Le danger de ces traitements est illustré par le cas du PC-SPES utilisé contre le cancer de la prostate, mélange de huit plantes combinées selon les principes de la médecine chinoise. Il est censé faire diminuer le taux des PSA, avec comme seuls effets secondaires, acceptés par les patients, une baisse de la libido et une sensibilité des seins. Des millions d'américains l'ont utilisé. Or une analyse, faite en Février 2002, a décelé dans le produit la présence de warfarine et de diéthylstilbestrol. Retiré du commerce, sa fabrication a été interrompue et les patients ont été informés.

D'autres médecines à base de plantes se sont révélées toxiques, contaminées, ou interférant avec le métabolisme de drogues utilisées contre le SIDA ou certains cancers.

L'enthousiasme du public pour les méthodes alternatives s'est teinté de scepticisme, il recherche maintenant des sources d'information plus crédibles. Les médecins demandent à leurs patients ce qu'ils consomment: dans un dialogue ouvert, une meilleure information est possible, des plantes inoffensives et parfois efficaces peuvent être conseillées.

Il faut néanmoins reconnaitre que les plantes offrent des opportunités de recherche et de traitement: la récente découverte des propriétés anti-palustres de l'artémisinine montre que nous n'avons pas exploré toutes les ressources offertes par la nature. Des scientifiques explorent avec rigueur les méthodes dites alternatives: mode d'action, pharmacologie, résultats cliniques, mais à ce jour un petit nombre de produits, tel Ginkgo Biloba, a été jugé digne de faire l'objet d'investigations multicentriques. L'opinion encourage ces études, bien que certains les jugent futiles.


Traduit de l'anglais par le Dr André Figueredo - Source: New England Journal of Medicine ( 19/12/2002 )

Pour en savoir plus : http://www.nejm.org


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Dernière mise à jour le 29/12/02