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Les vaccins: généralement très sûrs, et l'une des interventions médicales les plus efficaces. Mais, administrés à des gens en bonne santé, le moindre doute sur leur innocuité doit être pris au sérieux.
Nombre d'entre eux ont été accusés sans preuves d'effets secondaires graves. Tel est le cas actuellement du vaccin contre la rougeole, accusé de provoquer des cas d'autisme.
Certains vaccins ont eu des effets secondaires graves: paralysies liées au vaccin anti-poliomyélitique à virus atténué, occlusions intestinales du vaccin contre le rotavirus. Ces conséquences sont reconnues et traitées en conséquence. Avec la menace du bioterrorisme, on pourrait revenir à la vaccination anti-variolique avec ses risques!
Les encéphalomyélites de la rougeole ( crises d'épilepsie et retard mental ) sont une complication rare mais grave de cette maladie. S'appuyant sur ce fait clinique, et quelques cas peu nombreux d'enfants jeunes atteints de troubles gastro-intestinaux et d'anomalies du comportement à la suite d'une vaccination, quelques chercheurs ont soulevé l'hypothèse d'un trouble du développement cérébral analogue à l'autisme, qui serait du au virus vaccinal. Pour certains, cette hypothèse est devenue certitude.
Les parents d'un enfant atteint d'autisme se rendent compte des anomalies pendant les deuxième et troisième années. L'enfant régresse dans les domaines du langage et des aptitudes sociales alors qu'il semblait se développer normalement.
Le vaccin étant donné au début de la deuxième année de la vie, au moment où l'autisme commence à se déclarer, il y a association dans le temps. D'autre part, la fréquence de l'autisme semble avoir augmenté dans les 20 dernières années, probablement parce qu'il est mieux reconnu et que ce diagnostic est maintenant utilisé pour recouvrir des cas inexpliqués d'anomalies cognitives et comportementales.
Une étude danoise, parue dans le New England Journal of Medicine du 07/11/2002, rigoureuse et convaincante, compare les pourcentages d'autisme dans une population bien définie de plus de 500000 enfants danois vaccinés contre la rougeole: elle montre qu'il n'y a aucune association entre ce vaccin et l'autisme. D'autres études ont abouti au même résultat.
Mais on a peu de prise sur des croyances bien ancrées. A notre époque, le public se méfie des laboratoires, des gouvernements et de l'établishment médical. La confiance des consommateurs, très attentifs aux questions de sécurité, n'a pas été renforcée par le retrait de quelques médicaments ou par des controverses comme celle sur les préservatifs contenant du mercure. La législation, qui augmente le nombre de vaccinations obligatoires pour être scolarisé, n'a fait qu'augmenter la tension. Des parents rapportent sur le Web l'histoire de leur enfant, devenu autiste après une vaccination contre la rougeole. Le parlement a été saisi, mais anecdote n'est pas preuve.
Ces accusations ont des conséquences graves: les laboratoires tirent peu de profit de la fabrication des vaccins et s'exposent à des poursuites pénales coûteuses. Des vaccins efficaces peuvent être retirés du marché et il devient difficile, même dans les pays pauvres, de mettre en oeuvre des programmes de vaccination.
Les militants oublient qu'aux USA, avant la vaccination, des milliers d'enfants avaient des rougeoles graves et parfois des complications invalidantes. Mais la tragédie se déroule dans les pays pauvres, où plus d'un million d'enfants meurent de la rougeole chaque année.
Traduit de l'anglais par le Dr André Figueredo - Source: New England Journal of Medicine ( 21/11/2002 )