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Conduite
à tenir chez les sportifs et les accompagnateurs en milieu tropical.
Advices for sportsmen and supporters travelling to tropical areas
Par B-A Gaüzère
(1), Th Drevon (2), J-P Ah-Sing (2).
1-Service de Réanimation. C.H.D Félix Guyon. 97405 Saint-Denis
cedex.
2-Société de Médecine du Sport de l'Océan Indien.
97494 Saint-Denis cedex BP 309. Réunion. France.
Objectifs : La multiplication des échanges sportifs avec les pays tropicaux nécessite une information et une préparation médicales afin d'optimiser le bénéfice du séjour et de la performance sportive, et de diminuer l'incidence des pathologies importées ou liées au voyage.
Actualités : La préparation passe par la mise à jour des vaccinations de base et de certaines vaccinations spécifiques. L'information repose sur des conseils simples concernant le voyage aérien et l'hygiène générale, la prophylaxie personnalisée contre le paludisme et d'autres pathologies plus rares, selon le type de voyage et d'épreuve sportive, la destination et la saison. De plus, pour les compétiteurs toute administration médicamenteuse doit être conforme avec la législation en matière de dopage.
Perspectives et projets. L'intense circulation des hommes doit se doubler de celle de l'information. Les centres de conseil au voyage peuvent être utilement consultés et répondre de façon personnalisée. Une attention particulière doit porter aux accompagnants, plus vulnérables que les sportifs, dans l'environnement tropical.
Mots-clés.
Pathologie tropicale, sport, prophylaxie, voyages, paludisme.
Keywords. Tropical diseases, sport, prophylaxis, travel, malaria.
Summary. The intensification of intercontinental travels of sportsmen and supporters requires specific health advices. The prevention scope involves the basic immunizations, specific advices regarding the jet lag, the general hygiene and the prevention of heat stroke, the prevention of malaria and other less common diseases, as well as more specific immunizations adapted to particular areas and seasons. Traveller's health advices centres are likely to provide travelling sportsmen and supporters with updated, appropriate and personalised health advices. Special attention is to be paid to vulnerable supporters in an potentially hostile environment.
Introduction
En l'an 2000, un milliard d'individus dont de nombreux sportifs et leurs accompagnateurs,
effectueront un voyage international. Les Tropiques semblent pour l'instant
un terrain peu propice aux maladies de l'ère industrielle comme la légionellose
ou la maladie de la vache folle, qui relèvent d'une modification environnementale.
En revanche, les maladies partagées par l'homme et le bétail (anthropozoonoses)
y constituent une menace permanente. Plusieurs facteurs militent en faveur de
l'apparition d'épidémies en milieu tropical: la promiscuité,
tout particulièrement dans les bidonvilles et les prisons, les égouts
à ciel ouvert, la présence de grandes étendues d'eau stagnante
ou la déforestation. Plus généralement, c'est l'insalubrité
qui peut être tenue responsable des maladies infectieuses. Le sportif
voyageur et l'accompagnant sont donc exposés à plusieurs types
de pathologies ou de désagréments liés au décalage
horaire, aux conditions climatiques (coups de chaleur, déshydratation)
et aux pathologies infectieuses tropicales à durée d'incubation
courte qui ne se déclareront le plus souvent qu'au retour, et dont certaines
constituent de véritables urgences. L'intense circulation des hommes
doit se doubler de celle de l'information (15). De plus, pour les compétiteurs,
toute prise médicamenteuse doit être conforme avec la législation
relative à la prévention et à la répression de l'usage
des produits dopants à l'occasion des compétitions et manifestations
sportives (7-8). Toutes les drogues mentionnées dans cet article rentrent
dans cette catégorie.
Vaccinations
Un départ en voyage constitue une excellente occasion pour sensibiliser
le voyageur sur la nécessité de mettre à jour ses vaccinations,
d'autant que celles-ci peuvent être combinées et réalisées
sur une période de 2 mois. Les vaccinations de base restent recommandées,
contre la tuberculose (à l'exception du sujet positif pour le VIH), le
tétanos, la poliomyélite et le pneumocoque chez le sujet à
risque (splénectomie, immunodépression).
De fait
il existe deux catégories de voyageurs et de sportifs pour lesquels les
recommandations diffèrent :
*ceux qui effectuent un séjour résidentiel ou un circuit organisé
pendant une courte durée (10 à 15 jours).
Des vaccinations spécifiques (10, 20) au voyage sont recommandées
systématiquement contre :
- La diphtérie, le tétanos et la poliomyélite (D.T.P)
- Les hépatites A et B.
L'hépatite
A est très répandue sous les tropiques, le taux de séroconversion
est égal à 95% à l'âge de 10 ans chez les autochtones.
C'est une maladie bénigne à morbidité prolongée
mais rarement fulminante (1/1 000 cas). La contamination autochtone est très
forte: 1/50 à 1/300 par mois et repose sur la contamination digestive
par l'eau et les crudités.
L'hépatite B également fréquente est liée aux pratiques
sexuelles et aux injections. Elle comporte un risque d'hépatite fulminante
beaucoup plus important. La prévention repose sur les vaccinations qui
peuvent être combinées, ou à défaut chez le sportif
sélectionné de dernière minute ou imprévoyant, sur
les gammaglobulines à la dose de 0,2 ml / kg, 2 jours avant le départ.
La vaccination contre l'hépatite A ne s'impose pas chez le sujet de plus
de 50 ans ou en cas d'antécédents de séjour tropical d'une
durée supérieure à 1 an.
- Les fièvres typho-paratyphiques ou salmonelloses majeures sont des
toxi-infections fréquentes en milieu tropical, à point de départ
lymphatique mésentérique. Leur prophylaxie repose sur le vaccin
Thyphim Vi, valable 4 ans, ainsi que sur les mesures d'hygiène alimentaire.
- La fièvre jaune. Cette arbovirose transmise par les moustiques Aedes
ou Haemogogus, sévit dans les zones intertropicales d'Afrique et d'Amérique
du Sud en zone rurale et urbaine. Le réservoir est essentiellement représenté
par les singes. Certains pays (Brésil, Kenya, Sénégal)
n'imposent pas formellement la vaccination anti-amarile pour des raisons économiques
et des décès ont été récemment notés
chez des voyageurs rentrant de ces pays. En pratique depuis quelques années,
seule la vaccination anti-amarile reste légalement exigible aux frontières,
elle doit donc être réalisée dans un centre agréé
et validée sur un carnet international de vaccinations. Elle garantit
une protection de 10 ans, en une seule injection et au prix d'effets secondaires
aussi rares que bénins.
*ceux
qui partent pour un séjour prolongé ou itinérant avec un
support logistique faible.
Les vaccinations spécifiques au pays de destination et aux conditions
aventureuses du séjour ou de l'épreuve sportive sont recommandées
selon la saison et la destinée du voyage, contre :
- La diphtérie (ex-URSS et Europe de l'Est). Bien que non tropicaux,
ces pays connaissent en été un climat continental quasi tropical.
- La méningite à méningocoques. La vaccination en une seule
injection protège pendant 4 ans contre les méningocoques A et
C, mais non B. Elle doit être préconisée pour tout séjour
dans le Sahel, de novembre à avril.
Le calendrier
vaccinal idéal recommande :
- 2 mois avant le départ : vaccin combiné hépatites A et
B, tétanos, poliomyélite, méningites A et C et diphtérie.
- 1 mois avant le départ : vaccin combiné hépatites A et
B ou hépatite A.
- 3 semaines avant le départ : typhoïde.
- 2 semaines avant le départ : hépatite A et fièvre jaune.
- Au retour, ne pas oublier d'effectuer les rappels, sous peine de perdre la
protection conférée par les premières injections : hépatite
A, rappel 6 mois après la première injection ; hépatite
B : 3ème dose, 6 mois après la première injection ; rage
: rappel 1 an après les 3 premières injections.
Le décalage
horaire
Ses effets (fatigue, irritabilité, anorexie...) ne se font sentir qu'après
le passage de 4 fuseaux et sont proportionnels au nombre de fuseaux horaires
traversés ainsi qu'au sens du déplacement (4, 1). Dans le voyage
est-ouest, le décalage est mieux supporté, car l'organisme allonge
ses rythmes pour s'adapter. Après un voyage vers l'Ouest, la récupération
des scores normaux demande de 0 à 6 jours contre 3 à 18 jours
pour un voyage de même durée vers l'Est.
Quelques précautions en diminuent les effets :
- en vol, rechercher un confort et un repos maximaux: vêtements peu serrés,
alimentation légère sans alcool.
- à l'arrivée, afin de se synchroniser au plus tôt avec
l'heure locale, adopter immédiatement les horaires de sommeil et de repas
du pays hôte, en se reposant la première journée et en dormant
le plus possible au cours de la première nuit.
- des espoirs sont fondés sur l'action resynchronisante de la lumière
artificielle de forte intensité (au moins 2 000 lux) et sur la mélatonine
à la dose de 5 à 8 mg prise 3 à 7 jours après l'arrivée
(non disponible en France).
- les hypnotiques ont un effet sur la composante sommeil, mais ne modifient
pas le rythme circadien.
La ration
alimentaire et hydrique
Par grande chaleur, les glucides seront préférés aux protides
et aux lipides, sources de calories (9) De plus, les glucides réduisent
la diurèse contrairement aux protides et aux lipides. Afin de compenser
les pertes sudorales, la ration quotidienne sera enrichie de 1 à plusieurs
grammes de chlorure de sodium. L'eau est indispensable et la soif ne se manifeste
que tardivement après une déplétion de 500 ml. La ration
de base peut atteindre 3 à 4 litres par jour, bus de préférence
à une température de 12°.
Avant, pendant et après l'effort en milieu tropical, il convient de se
protéger en buvant systématiquement ¼ de litre d'eau et
régulièrement avant que la soif ne se manifeste. Avant l'effort,
l'eau sera additionnée de fructose (et non pas de glucose qui provoquerait
une hypoglycémie), pendant l'effort de glucose et après l'effort,
de bicarbonates.
L'hydratation et l'apport salé modéré préviennent
la survenue de la crampe de chaleur et de la déshydratation globale responsable
de céphalée et de vomissements empêchant de satisfaire la
soif intense.
Le coup de chaleur se traduit par une fièvre élevée au-dessus
de 40°, l'absence de sudation, des troubles de conscience et une hypotension.
Dû à une mauvaise acclimatation, il est mortel en l'absence de
refroidissement et de réhydratation massive.
En milieu tropical, toute activité physique, même minime expose
le sportif à un accident grave, par manque d'acclimatation. Toutefois,
les sportifs les plus exposés à la déshydratation seraient
les coureurs et les marcheurs à pied de longue distance, les coureurs
cyclistes, les triathlètes, les footballeurs et les joueurs de badminton
qui évoluent dans une ambiance fermée obligatoire. A la différence
de la situation torse-nu, le port d'un maillot de couleur claire, absorbant
la transpiration et ne collant pas à la peau est recommandé, car
il favorise l'élimination de la chaleur.
Hygiène
générale
Le sable constitue un réservoir de parasites (chats, chiens). Il convient
donc de ne pas marcher pieds nus sur les plages à l'ombre, de ne pas
s'allonger directement sur le sable (serviette) et afin d'éviter la bilharziose,
de ne pas marcher ou se baigner dans les eaux chaudes, douces et stagnantes
(Madagascar, Antilles, Afrique, Amérique du sud, Orient). En toute circonstance,
il faut se protéger des moustiques.
Les syndromes
diarrhéiques
Ils sont la cause principale de morbidité chez le voyageur (14) et frappent
traîtreusement 35% des voyageurs. Le risque est faible en occident (8%),
plus élevé (8-20%) au Japon, en Corée, en Afrique du Sud,
en Israël, aux Caraïbes, dans le Pacifique et quasiment inévitable
(20-56%) au sud de la Méditerranée, en Afrique, en Amérique
Latine et en Asie. Beaucoup de ces maladies entériques sont à
incubation courte et se rencontrent en France aux mois de septembre et octobre,
au retour des vacances.
La turista
Le plus souvent, l'épisode de turista survient 3 à 5 jours après
l'arrivée et disparaît spontanément en quelques jours. Il
existe un deuxième pic de fréquence vers le 10ème jour.
Le sujet présente une à plusieurs selles liquides. par jour, parfois
ensanglantées, accompagnées de douleurs abdominales, et éventuellement
de vomissements et de fièvre. Le voyageur doit alors modifier souvent
son parcours en fonction de la localisation des toilettes. Cependant, 20 % des
sujets sont obligés de s'aliter et 2 % sont hospitalisés. Habituellement,
le contexte n'est guère favorable à la réalisation d'examens
complémentaires.
L'agent en cause est rarement décelé. L'origine de la turista
est multifactorielle : jeune âge, voyage itinérant, modification
des habitudes alimentaires, niveau aisé du voyageur, antécédents
de pathologie digestive, et bien entendu, région visitée. La cause
est le plus souvent bactérienne, en particulier, Escherichia coli entérotoxigène.
Seulement 1/5 des turistas est d'origine virale ou parasitaire : Entamoeba histolytica,
Giardia intestinalis, Cryptosporidum, Isospora, Cyclospora.
La contamination s'effectue par l'ingestion d'aliments contaminés : fruits,
crudités, poissons et fruits de mer, eau de boisson. Les mains sales
et les mouches sont des vecteurs importants de ces agents pathogènes.
Le traitement repose d'abord sur la réhydratation, surtout en cas de
diarrhée abondante et durable plus ou moins associée à
des vomissements. Une boisson équilibrée et une alimentation riche
en sucre suffisent le plus souvent. Le traitement infectieux repose sur les
antiseptiques intestinaux, suivis si les troubles persistent d'anti-diarrhéïques.
La prophylaxie consiste surtout à surveiller son alimentation : peler
les fruits, éviter les crudités, cuire les aliments à plus
de 65°C, ne boire que des boissons encapsulées. Dans le futur, l'idéal
serait un vaccin contre les principaux germes.
Actuellement peu de médicaments ont prouvé leur efficacité
préventive et leur innocuité. La décision de prescrire
une chimioprophylaxie ne saurait donc être prise qu'en raison de l'importance
pour le sportif de haut niveau d'être à l'abri de toute pathologie
et à sa non acceptation d'une diarrhée même de courte durée
pendant l'épreuve sportive et pour un voyage de courte durée dans
un pays à haut risque d'Afrique, d'Amérique Latine ou d'Asie du
Sud. Cette chimioprophylaxie repose actuellement sur les fluoroquinolones :
norfloxacine 400mg/j ou ciprofloxacine 500 mg/j, débutées le jour
même de l'arrivée dans le pays, poursuivie 1 à 2 jours après
le départ, sans jamais dépasser une durée de 3 semaines.
Les fluoroquinolones exposent toutefois au risque de tendinite et de rupture
tendineuse plus particulièrement chez le sujet aux antécédents
de tendinite ou exerçant une activité sportive intense . De plus,
l'exposition solaire expose au risque de photosensibilisation pendant la durée
du traitement et 4 jours après l'arrêt de celui-ci. Leur utilisation
ne semble donc peu judicieuse dans le contexte de la pratique du sport en milieu
tropical.
Alors que la banale turista ou revanche de Montézuma ou kabulite, constituent
plus un désagrément qui peut parfois persister assez longtemps,
qu'une urgence infectieuse, d'autres syndromes diarrhéiques provoquent
des signes généraux inquiétants et réclament un
traitement immédiat.
Les autres
syndromes diarrhéiques
- L'amibiase (6) est une des parasitoses les plus répandues (10%
de la population mondiale). Elle est due au péril fécal. Sa localisation
préférentielle est intestinale avec émissions de diarrhées
sanglantes et glaireuses. En l'absence de vaccin, la prophylaxie repose sur
l'hygiène et la lutte contre le péril fécal.
- Le choléra (3) auquel le sportif en déplacement a peu
de chance de se trouver confronté , est une toxi-infection intestinale
transmise par voie digestive, qui entraîne une véritable vidange
hydro-électrolytique avec déshydratation massive (16). La prévention
repose sur l'hygiène et la chimioprophylaxie (Fanasil* en prise unique),
plus que sur la vaccination peu efficace et n'est plus exigible que par quelques
rares pays dont la Tanzanie. Des vaccins oraux sont maintenant disponibles à
un coût élevé dans certains pays (Orochol* en Suisse, Cholérix*
en Suède).
Le paludisme
ou malaria
(malaria = mauvais air).
Il s'agit d'une endémie parasitaire majeure : 2 milliards d'individus
sont exposés, avec 1 million de morts par an pour la seule Afrique noire.
Pour un très bref séjour en Afrique sans chimioprophylaxie, l'estimation
du taux mensuel d'incidence des problèmes de santé pour 100.000
voyageurs en zones tropicales fait apparaître, un risque de paludisme
100 fois plus important qu'en Asie, Amérique du Sud ou Océanie.
Le paludisme occasionne toujours de nombreux décès parmi les voyageurs
(13,19) et résulte le plus souvent d'un défaut de prophylaxie,
imputable au voyageur, mais aussi au prescripteur. En outre, les mesures antivectorielles
(vêtements couvrants de couleur claire dès la nuit tombée,
moustiquaire imprégnée, répulsifs) qui sont à l'heure
actuelle le plus sûr moyen d'éviter la maladie, ne sont que rarement
expliquées par les médecins ou suivies par les voyageurs. Enfin,
la prophylaxie individuelle est d'efficacité aléatoire et doit
être complétée par la prescription d'un traitement présomptif.
Les agents causaux du paludisme sont 4 plasmodies : Plasmodium falciparum, P.
vivax, P. ovale, P. Malariae. L'hôte est le moustique anophèle
femelle. La victime est l'homme et le nombre de cas sévères de
paludisme d'importation est en augmentation (5).
Le paludisme sévit dans les zones inter et subtropicales et sa transmission
est permanente ou saisonnière (saison des pluies, sujets neufs). Il concerne
essentiellement l'Afrique intertropicale où il est nettement en recrudescence.
L'Asie (6 millions cas par an), l'Amérique (1 million), les Caraïbes,
Haïti, Océanie, Nouvelle-Guinée, Salomon sont également
concernées. Le paludisme est absent ou a été éradiqué
d'Europe, des Antilles françaises, de Nouvelle-Calédonie, de Tahiti,
des USA, d'Australie, de la Réunion et des Seychelles.
L'immunité alléguée par certains voyageurs pour justifier
leur refus de toute mesure de prévention n'existe pas et la résistance
innée est exceptionnelle : l'absence antigène Duffy sur les hématies
protégerait contre P. vivax, ainsi que la drépanocytose contre
P. Falciparum.
Le paludisme
n'est pas une fatalité (5, 17) et peut être évité
grâce à 2 séries de mesures :
- mesures antivectorielles. Il convient d'éviter les piqûres
des anophèles en limitant les sorties entre le coucher et le lever du
soleil, en s'enduisant dès la tombée du jour toutes les quatre
à six heures (selon l'humidité ou la sudation) de répulsifs
concentrés en D.E.E.T (Prébutix®, Insect écran peau®
concentré à 50% pour un adulte, 30% pour l'enfant, contre-indiqué
pour la femme enceinte) et par l'imprégnation des vêtements en
pyréthrine (valable pendant plus de 8 mois et/ou 6-8 lavages), en portant
manches et pantalons longs de couleurs claires, en climatisant la chambre ou
en dormant sous une moustiquaire imprégnée d'insecticides. D'autres
petits moyens sont utiles : plaquette diffusée électriquement,
tortillons fumigènes.
- mesures médicamenteuses : Le choix de la prophylaxie médicamenteuse
du paludisme tient compte des pays visités classés en quatre groupes
(tableau I) selon la fréquence de la résistance du parasite aux
antipaludéens), mais également de la durée du séjour
en zone impaludée, de l'état physiologique du voyageur, de son
âge, de ses antécédents pathologiques, d'une éventuelle
intolérance aux antipaludéens, ainsi que d'une grossesse ou de
son éventualité. Il existe plusieurs éléments de
pondération pour déterminer la nécessité de prise
d'un traitement antipaludéen préventif selon la saison, car les
anophèles ont besoin d'une certaine humidité et selon la durée
dans la zone géographique fréquentée
Pays du groupe 0. Le risque est nul, aucune prophylaxie n'est recommandée.
Pays du groupe 1 (absence de chloroquinorésistance). Le traitement préventif fait appel à la chloroquine (Nivaquine® 100 en France). à la dose de 1.5 mg/kg/jour, soit un comprimé chaque jour ou Nivaquine 300: un comprimé deux fois par semaine. Le traitement journalier débuté la veille du jour d'exposition au risque et poursuivi pendant 4 semaines après le retour.
Pays du groupe 2 (existence de chloroquino-résistance). La prophylaxie repose sur l'association de chloroquine (Nivaquine®) et proguanil (Paludrine®), se présentant aussi sous une nouvelle forme commerciale associant les deux produits: Savarine® pour les adultes. Le traitement journalier est commencé la veille du jour d'exposition au risque et poursuivi pendant 4 semaines après le retour.
Pays du
groupe 3 (fréquence des chloroquino-résistances et risque de multirésistance)
:
- La méfloquine (Lariam®) est préconisée et ne peut
être utilisée que pour des séjours de 3 mois maximum. Déconseillée
chez l'enfant de moins de 15 kilos et la femme enceinte, elle est délivrée
sur ordonnance. Le traitement est hebdomadaire initié une semaine avant
le séjour en zone impaludée afin d'apprécier la tolérance
au médicament, et est prolongé pendant 3 semaines après
l'éviction du risque.
- Pour les séjours de plus de 3 mois ou répétés,
la prophylaxie recommandée est celle des pays du groupe 2.
l'Asie constitue un cas particulier, car contrairement à l'Afrique, il existe peu de risques de paludisme en milieu urbain. Par contre les risques sont importants en campagne (zone 2) et très forts sur les frontières du Myanmar, du Kampuchea, ainsi qu'en Papouasie-Nouvelle Guinée. Ces trois dernières destinations pour l'instant peu courues par les sportifs imposent une prophylaxie à base de tétracyclines : doxycycline 100 mg/jour au delà de l'âge de 12 ans, avec une bonne protection solaire en raison des risques de photosensibilisation et en dehors de toute grossesse, y compris dans la semaine qui suit la dernière prise.
Tableau I. Répartition des zones de résistance de Plasmodium Falciparum.(d'après le B.E.H)
|
Groupe 0 |
Groupe 1 |
Groupe 2 |
Groupe 3 |
|
|
Afrique |
Tunisie, Réunion, Sainte-Hélène, Seychelles, Lesotho. |
Cap-Vert, Egypte (El-Fayoum), Libye, Algérie**, Maroc **, Ile Maurice** |
Afrique du Sud (Transvaal, Natal), Bénin, Botswana, Burkina Faso, Côte d'Ivoire, Gambie, Ghana, Guinée, Guinée-Bissau, Liberia, Madagascar, Mali, Mauritanie, Namibie, Niger, Sénégal, Sierra Leone, Somalie, Tchad, Togo, |
Angola, Burundi, Cameroun, Comores, Congo, Djibouti, Erythrée, Ethiopie, Gabon, Guinée Equatoriale, Kenya, Malawi, Mayotte, Mozambique, Nigeria, Sao Tome et Principe, Ouganda, République Centrafricaine, Rwanda, Soudan, Swaziland, Tanzanie, Zaïre, Zambie, Zimbabwe, |
|
Amérique |
Antigua et Barbuda, Antilles Néerlandaises, Argentine sud, Bahamas, Barbade, Bermudas, Canada, Chili, Cuba, Dominique, Etats-Unis, Guadeloupe, Grenade, Caïmans, Falkland, Jamaïque, Martinique, Porto-Rico, Sainte-Lucie, Tobago et Trinidad, Uruguay, îles Vierges. |
Argentine (nord)*, Belize*, Bolivie (sud)*, Brésil (sauf Amazonie) Costa Rica*, Guatemala*, Haïti, Honduras, Mexique (Chiapas) *, Nicaragua*, Paraguay (est) *, Pérou (ouest) *, Rép. Dominicaine, El Salvador*, Panama (nord)* |
Bolivie (nord), Brésil (Amazonie), Colombie, Equateur, Guyana, Guyane Française, Panama (sud), Pérou (est), Surinam, Venezuela |
|
|
Asie |
Arménie, Brunei, Corée, Géorgie, Guam, Hongkong, îles Christmas, îles Cook, Japon, Kazakhstan, Kirghizistan, Macao, Maldives, Mongolie, Ouzbékistan, Singapour, Taiwan, Turkménistan. |
Azerbaïdjan (sud)*, Tadjikistan (sud)*, Chine (nord-est)*, |
Afghanistan, Bhoutan, Inde, Indonésie (sauf Irian-Jaya), Malaisie, Népal, Pakistan, Philippines, Sri-Lanka. |
Bangladesh, Cambodge, Chine (Yunan et Hainan), Laos, Myanmar, Thaïlande (zones frontalières), Vietnam. |
|
Europe |
Tous pays, y compris Acores, Canaries, Chypre, ex-URSS, Turquie d’Europe. |
|||
|
Moyen-Orient |
Bahreïn, Israël, Jordanie, Koweït, Liban, Qatar. |
Iran (sauf sud-est), Iraq*, Syrie*, Turquie*. |
Arabie Saoudite (ouest), Emirats Arabes Unis, Iran (sud-est), Oman, Yémen. |
|
|
Océanie |
Australie, Fidji, Hawaii, Mariannes, Marshall, Micronésie, Nouvelle-Calédonie, Nouvelle-Zélande, île de Pâques, Polynésie française, Samoa, Tonga, Tuvalu. |
Iles Salomon, Indonésie (lrian-]ava), Papouasie-Nouvelle-Guinée, Vanuatu. |
* Essentiellement
Plasmodium vivax.
** Rare Plasmodium vivax ne nécessitant pas de chimioprophylaxie.
Les pays soulignés correspondent à une différence d'attitude
par rapport à l'O.M.S. Ainsi pour les pays d'Afrique de l'Ouest, le maintien
en groupe 2 est justifié par une relative rareté de la chloroquinorésistance
et par l'existence de souches de faible sensibilité à la méfloquine.
Les
effets indésirables de la chimioprophylaxie antipaludéenne
peuvent influer sur la performance sportive de haut niveau:
Nivaquine® : Crise de porphyrie, troubles oculaires réversibles,
prurit, céphalées, hyperpigmentation, troubles digestifs, neuromyopathie.
Savarine® . intolérance gastrique temporaire, aphtes, stomatites,
dépigmentation, perte des cheveux, éruption cutanée, prurit.
L'absorption est mauvaise en cas de prise de topiques intestinaux dans les 2
heures et d'insuffisance rénale. En raison de la non commercialisation
de formes pédiatriques, l'enfant de moins de 15 ans doit absorber séparément
chloroquine et proguanil. L'innocuité est totale sur la grossesse et
le foetus
Lariam®. Les contre-indications sont l'épilepsie familiale, les
troubles psychiatriques, les traitements bêtabloquants et l'insuffisance
hépatique. Chez certains sujets, les activités de précision:
plongée, aviation et compétition sportive peuvent être altérées
par une sensation ébrieuse durable. Se pose pour les sportifs en zone
3, le risque de la survenue d'effets secondaires durables risquant de compromettre
la performance sportive. Il est donc recommandé de tester la tolérance
au Lariam® en absorbant 1 comprimé une dizaine de jours avant
le départ. et de recourir en cas d'intolérance (sensation d'ébriété),
à Savarine®, qui est toutefois moins efficace en zone 3.
En cas de mauvaise tolérance avérée ou de crainte de mauvaise
tolérance à Nivaquine®, Savarine® ou Lariam®,
tant au plan général qu'au plan de la performance sportive, la
Doxycycline représente une bonne alternative ® et peut être
prescrite pour les pays des zones 1, 2 ou 3, à la dose de 100 mg par
jour en raison de son innocuité en milieu tropical (11, 12, 13) et des
risques moindres de photosensibilisation par rapport aux autres cyclines. Les
contre-indications sont l'âge inférieur à 8 ans et la grossesse
débutante.
Le risque potentiellement mortel d'un paludisme l'emportant sur les risques
du traitement et sur les enjeux de la compétition, il convient absolument
de respecter la chimioprophylaxie, en sus des mesures antivectorielles.
Toutefois,
le médecin ne peut garantir au voyageur qu'il ne contractera pas le paludisme,
aucune prophylaxie anti-palustre n'étant fiable à 100%.
En cas de séjour supérieur à 7 jours, en zone 2 ou 3, le
médecin de l'équipe doit avoir en poche un traitement présomptif
(quinine, Lariam®, Halfan® en l'absence de la contre-indication formelle
que constitue l'allongement du segment ST à l'ECG).
Enfin, il convient de déconseiller à la femme enceinte, les voyages
en zone 3, ainsi que toute grossesse 1 semaine après la prise de Doxycycline®
et 3 mois après la prise de Lariam®.
La peste
Bien que présente dans certaines contrées (Asie du sud-est, Afrique
de l'Est et Madagascar, Amérique latine, Kurdistan, Chine du nord...),
la peste ne menace pas directement le sportif qui évolue dans des conditions
d'hébergement convenables, à l'exception toutefois du compétiteur
type " Raid Gauloises ". La prophylaxie repose sur les sulfamides
retard (Fanasil®), sur l'hygiène individuelle et collective de base
et sur le contrôle des puces et des rats (6).
La rage
Il s'agit d'une méningo-encéphalite aiguë virale endémique
dans beaucoup de contrées et transmise par morsure de chien, chat, singe
ou de chauve-souris (6). L'issue étant constamment fatale, la vaccination
est vivement conseillée aux randonneurs et aux grands voyageurs (2 injections
de 0.5ml à 1 mois, rappel à 1 et 3 ans, rappel systématique
après toute morsure).
L'encéphalite
japonaise
Elle s'observe principalement dans les zones rurales d'Asie du sud-est, d'Inde
et de Chine. C'est une arbovirose grave et parfois mortelle transmise par un
moustique du genre Culex, le réservoir est animal: oiseaux, porcs. La
prophylaxie passe par la protection contre les moustiques et par la vaccination,
récemment disponible en France sous autorisation temporaire d'utilisation.
La vaccination n'est recommandée que pour les longs séjours en
zone rurale d'Inde ou d'Asie du sud-est.
La dengue
C'est une arbovirose dont le réservoir principal est l'homme (6). Le
virus est transmis par Aedes aegypti. La forme habituelle est celle d'une forte
grippe. La forme hémorragique sévère est exceptionnelle
chez le voyageur, sa physiopathologie relevant de contaminations successives
par des sérotypes différents. Elle sévit dans l'Océan
indien, le Sud-est asiatique, les Caraïbes, l'Amérique centrale
et du sud, l'Afrique. Il n'existe pas de vaccin et la protection contre les
moustiques est essentielle.
Les intoxications
exotiques involontaires ou librement consenties
Cinq cent poissons tropicaux sont non comestibles et dangereux pour l'homme
: mérous, chirurgiens, loches, carangues.
La ciguatonine produite par des algues microscopiques et non inactivée
par la cuisson est toxique et peut causer la ciguatera (Antilles, Polynésie,
Océan Indien). Celle-ci se traduit par des diarrhées, vomissements,
douleurs abdominales, prurit, paresthésies, asthénie, myalgies,
dysesthésies, hallucinations et coma. Les séquelles sont des arthralgies
durables, source d'arrêts de travail et de la pratique sportive. Mieux
vaut donc ne pas manger des poissons de corail lors de la floraison des coraux
et se méfier des expériences culinaires exotiques à base
de sang d'anguilles, de congres, de murènes, de poissons-torpille, de
gonades, de laitance d'esturgeon, de saumon, de brochet ou de carpe, qui peuvent
occasionner des troubles digestifs mineurs. Mieux vaut également réserver
les omelettes et les soupes de champignons " magiques " pour la fin
de la compétition, à Bali ou au Mexique.
Dangers
divers
Les animaux venimeux peuvent menacer le randonneur. Quelques simples mesures
permettent de s'en protéger :
- port de chaussures fermées et montantes et de pantalons longs,
- utilisation de la moustiquaire, car c'est la nuit que serpents, araignées
et scorpions sont les plus actifs,
- secouer vigoureusement vêtements et chaussures avant de les enfiler,
afin de les débarrasser de leurs hôtes indésirables.
La principale cause de mortalité des voyageurs est représentée
par les accidents de la route, en raison de l'état des véhicules
et des routes et des moeurs locales de conduite. Il faut insister sur le port
du casque, le port de la ceinture de sécurité et la nécessité
de faire appel à un chauffeur local. Il convient d'éviter la conduite
de nuit, de se munir d'une assurance et d'une assistance couvrant le rapatriement
sanitaire.
Enfin, il convient de rappeler, les mesures de protection contre les maladies
sexuellement transmissibles et le SIDA.
Au retour
En présence d'une fièvre, l'orientation diagnostique dépend
étroitement du pays et de la région et visités mais également
du délai écoulé entre l'arrivée dans la zone tropicale
et le début de la fièvre. Il convient d'évoquer :
Si le délai écoulé est inférieur à 10
jours :
- pourtour méditerranéen, Australie : rickettsisose
- sud-est de l'Asie : paludisme, mélioïdose.
Si le délai écoulé est compris entre 10 et 21 jours
:
- régions tropicales et subtropicales : paludisme
- régions tropicales et subtropicales et pourtour méditerranéen
: typhoïde
- Afrique, Madagascar, Egypte et Proche-Orient, Amérique du sud, Antilles
: bilharziose (baignades en eau douce)
- Afrique intertropicale : trypanosomiase (piqûres douloureuses de taons)
- pourtour méditerranéen, Afrique, Proche-Orient : borrélioses
- toutes zones : hépatites, brucelloses.
Si le délai écoulé est supérieur à 21
jours :
- régions tropicales et subtropicales : paludisme
- Afrique, Amérique du sud, sud-est de l'Asie, Australie du nord, Inde
: filarioses lymphatiques
- Afrique du nord et de l'est, Arabie, Inde, Chine, Amérique du sud :
kala-azar
- toutes zones : hépatites, distomatose, amibiase, larva migrans.
La trousse de santé pour voyage en milieu
tropical
Cette liste est indicative. Il convient de l'adapter selon les cas, par exemple
en prévoyant des produits sous forme pédiatrique s'il y a des
enfants ou bien des équipement de contention pour les sports de combat
ou les sports à risque.
Les participants sous traitement médicamenteux, doivent partir avec une
réserve suffisante, car les noms des produits médicamenteux changent
selon les pays, tous ne sont pas non plus disponibles partout, ou peuvent être
contrefaits et donc avoir des effets incertains.
Pour
les sportifs et les accompagnateurs :
- sparadrap, coton, bandages, pansements, compresses stériles, épingles
de sûreté, petits ciseaux, pince à écharde,
- savon de Marseille, antiseptique, désinfectant à usage externe
(sachets) (ex: Hexomédine poudre® ou Cutisan poudre®)
- désinfectant de l'eau (comprimés Hydroclonazone®, Pentapur®,
Micropur®)gourde Oasis®, ou procédés de filtrage de l'eau
(micro-filtre Katadyn®),
- antidiarrhéiques et papier toilette (parfois rare sous les tropiques)
- antispasmodique (douleur digestive..),
- antiémétique (mal du voyage, vomissement), en patch ou/et comprimé
- antihistaminique (allergie) et pommade antiprurigineuse
- crème solaire, bâtonnet de protection des lèvres, lunettes
de soleil, pommade pour brûlures
- produit de rinçage oculaire, larmes artificielles, collyre, lunettes
correctrices si port de lentille
- crème répulsive contre les moustiques, insectifuge (serpentins
incandescents, diffuseurs insecticides)
- antalgique, antipyrétique (paracétamol), thermomètre
- crème anti-inflammatoire
- antibiotique (macrolide de préférence)
- somnifère léger, inducteurs du sommeil
- contraceptifs oraux, préservatifs, protections périodiques
- traitement curatif du paludisme : méfloquine (Lariam®), ou halofantrine
(Halfan®)
Pour les médecins : rajouter à la liste précédente, avec les précautions d'usage concernant les produits contenant des substances dopantes (17,18) :
- le guide
Doroz du médicament (référence pratique des noms chimiques
des médicaments et rappel des posologies)
- les dossiers médicaux des sportifs sous traitement nécessitant
une justification
- l'autorisation d'opérer les mineurs,
- la liste des médicaments contenant des substances dopantes (18): la
dernière édition peut-être obtenue auprès du Ministère
de la Jeunesse et des Sports.
- la carte de l'Ordre des Médecins, des ordonnances et un tampon professionnel.
- une assurance professionnelle incluant la pratique de la médecine du
sport et valable dans le pays visité
- un contrat d'assurance permettant l'assistance ou le rapatriement sanitaire
- des formulaires de déclaration des accidents du sport, à renvoyer
en général dans les 5 jours suivant l'accident
- bandes de contention, compresses stériles, tulle gras et bétadiné,
mèches
- boîte de petite chirurgie avec fil de nylon à suture 2/0 et 4/0
- couverture de survie
- stéthoscope, tensiomètre, otoscope servant de lampe de poche,
abaisse-langues, une canule de Guédel, quelques gants non stériles
- 6 seringues de 2, 5, 10 cc et 10 aiguilles IM et IV, un nécessaire
de perfusion
- médicaments à visée cardiologique : trinitrine, deslanoside
(Cédilanide®), furosémide (Lasilix®), nifédipine
(Adalate®)
- médicaments digestifs : anti-acide (Maalox® ou Gelox®)
- médicament anti-infectieux : métronidazole (Flagyl®), norfloxacine
(Noroxine® ou ofloxacine (Oflocet®), association d'amoxicilline et acide
clavulanique (Augmentin® ou Ciblor®)
- médicaments pneumologiques : salbutamol en aérosol (Ventoline®
ou Spréor®), antitussif (Diméthane® ou Respilène®)
- médicaments divers : corticoïdes (Medrol® ou Solupred®),
adrénaline, atropine, lidocaïne 1% (gel et injectable) (Xylocaïne®),
diazépam (injectable et rectale) (Valium®), bromo-galactogluconate
de calcium (Calcibronat®), méthylergométrine (Méthergin®),
soluté de réhydratation (Coca-Cola® ou Adiaril®), alginate
de calcium (Coalgan® ou Algosteril®), eau pour préparation, glucose
30%, un soluté de remplissage (Plasmion® ou Elohes®).
Perspectives et conclusion
Selon un rapport récent de l'O.M.S. le réchauffement du climat
relancera dramatiquement les maladies infectieuses transmissibles par les insectes.
Une hausse de 3 à 5 °C permettrait au paludisme de coloniser 4 à
17 millions de kilomètres carrés supplémentaires (environ
2 fois l'Europe), menaçant ainsi 60% de la population mondiale contre
45% aujourd'hui. A terme, le danger majeur pour le monde réside dans
l'émergence d'un virus ou d'une bactérie, d'un type nouveau, empruntant
du matériel génétique à des virus et/ou à
des bactéries existantes déjà résistants aux traitement
préventifs et curatifs.
La protection des voyageurs sportifs ou non, passe par l'information et l'application
rigoureuse de mesures prophylactiques, au premier rang figurera toujours la
vaccination, quand elle existe, preuve s'il en était besoin, que l'héritage
pasteurien ne cesse d'être d'actualité.
Les centres de conseil au voyage, régulièrement tenus informés
de la santé des tropiques (10, 15, 20), seront utilement consultés
lors de la préparation au voyage et répondre de façon personnalisée
en fonction de la destination, de la saison et du type d'activité sportive
envisagée.
Le médecin accompagnant une délégation sportive en milieu
tropical se doit en premier de protéger l'homme et non la seule performance.
Enfin, il doit se montrer tout particulièrement vigilant avec les accompagnateurs
qui peuvent être paradoxalement plus exposés que les athlètes.
Bibliographie
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Derniére mise à jour le 10/02/2002