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Hépatites virales, nouvelles données en médecine générale
Fmc de Tournan
Par le Dr Jean-Paul Gervaisot
à partir dune formation donnée par les docteurs Baumer Philippe et Desbiez Jean Paul.
Objectifs:
Qui dépister?Quelles informations doit-on donner au patient?
Que doit-on surveiller chez un patient traité ou non
Que doit-on faire en cas daccident dexposition au sang contaminé HCV+
Quel que soit lhépatite, le dépistage concerne:
- les (ex-) toxicomanes i.v.
- les sujets ayant pu recevoir des produits sanguins < 1991
- les enfants de mère VHC + ou antigène HBS +
- les hémophiles, les hémodialysés, les donneurs dorgane
- les (ex-) usagers de drogues ++
- Les vagabonds sexuels
De façon plus spécifique,
pour lhépatite B:
- la famille des porteurs dantigène hbs + (Risque x 10)
- les professions de santé (Risque x 5)
Pour lhépatite C:
- les toxicomanes même "sniffeurs" présente un facteur de risque élevé
- les fumeurs de haschich présentent daprès une étude américaine, un facteur de risque élevé!...?
Lhépatite B
:En cas de suspicion de phase aigue, on demande des antigènèmies hbs et hbe , et des anticorps antihbc IgM qui seuls signent latteinte récente.
La guérison sera marquée par la disparition de lantigène hbs (et hbe) . Limmunisation sera apportée par des anticorps anti hbc IgG.
La chronicité de la maladie sera marquée par la persistance de lantigène hbs, la persistance de lantigène hbe , facultative, signant une forme de pronostic plus sévère.
Les nouveaux nés de mère ag hbs + sont touchés par lhépatite B pour 90% si lag hbe est + et pour 20% si lag hbe est - .
La chronicité peut amener à un traitement par interféron.
Lhépatite C
Les formes aigues sont rarement repérées. Des formes fulminantes, exceptionnelles, existent chez des porteurs Ag hbs+. 70% des infections initiales sont asymptomatiques.
Le diagnostic se fait par un test Elisa positif (donc HCV+) confirmé par un autre test Elisa.
Il est conseillé de doser les transaminases puis de demander une recherche DARN viral (PCR HCV) . Les transaminases mettront en évidence une éventuelle hépatite liée au virus ou à une autre cause : alcool, médicaments.
Une PCR négative confirmée 6 mois après signifie une guérison (15% des cas)
Une PCR positive associée à des transaminases normales, le patient est dit "porteur asymptomatique", cela amène à discuter une ponction biopsie hépatique (affaire de spécialistes)
Une PCR positive associée à des transaminases élevées en dehors de toute autre cause dhépatopathie justifie un bilan pré-thérapeutique (dont la ponction biopsie hépatique).
3/Quelles informations doit-on donner au patient?
Ce sont des informations dépidémiologie et dévolutivité avec ou sans traitement, informations dont le médecin doit aussi prendre conscience et présenter au cas par cas avec mesure. Lessentiel de ces informations se rapporte à lhépatite C.
Lévolution de la maladie ne dépend pas de la quantité de virus car le mécanisme est probablement auto-immun.
Lage de contamination (supérieur à 40 ans), le sexe (masculin), la prise même modérée dalcool, lassociation avec une hépatite B, delta, un VIH sont des facteurs pronostiques négatifs.
Lévolution se fait vers la cirrhose dans 20% des cas. Il y a 1 à 4% de nouveau cas de carcinome hépato-cellulaire par an, indépendamment de la charge virale et du génotype du virus.
Lévolution de la fibrose débutante vers la cirrhose est linéaire. Si lon connaît la période de contamination, le stade de la fibrose évalué sur biopsie, permet dévaluer la progression et donc le pronostic.
Tous les patients ne peuvent pas être traités
Contre-indications au traitement:
- à linterféron: psychose, dépression sévère, leucopénie, thrombopénie, transplantation, cirrhose décompensée, épilepsie non contrôlée,
Relatives : diabète non contrôlé, maladie auto-immune (thyroïde)
- à la ribavirine : insuffisance rénale terminale, anémie , hémoglobinopathie, cardiopathie sévère, grossesse ou absence de contraception,
Relatives : HTA, âge.
Beaucoup de traitements restent à venir, qui peuvent relativiser les conséquences affectives de ces contre-indications.
4/Que doit-on surveiller chez un patient traité ou non
Ces éléments font aussi partie de linformation à donner aux patients
En cas de traitement:
Les bithérapies savèrent efficace dans 30 à 60% des cas selon le génotype (respectivement génotype I par opposition aux autres génotypes) Le génotype I est le plus fréquent en France. La réponse est meilleure en labsence de cirrhose. On obtient une négativation de lARN VHC (PCR).
Enfin, il y a en bithérapie de 12 mois, 20% dabandons de traitement et, lon ne sait pas encore, hors négativation de lARN VHC, si le traitement modifie le pronostic (cirrhose et carcinome hépato-cellulaire).
Une grande partie de la surveillance sera donc lévaluation de lefficacité du traitement, et la surveillance des effets secondaires.
Si lévaluation de lefficacité du traitement est du ressort du spécialiste, la surveillance des effets secondaires incombe tant au spécialiste quau médecin traitant.
On retiendra pour linterféron: NFS PLAQUETTES TSH (leucopénie thrombopénie) et ETAT PSYCHIQUE.
Pour la ribavirine: NFS PLAQUETTES URICÉMIE, TEST DE GROSSESSE 1 FOIS PAR MOIS. Ces éléments de surveillance seront prolongés 4 à 7 mois après larrêt du traitement .
En cas de non traitement ou de contre indications:
En labsence de cirrhose
Il faut surveiller annuellement les signes dévolution vers une cirrhose.
Il faut rappeler que dautres traitements sont à venir et rediscuter alors les choix thérapeutiques.
En cas de cirrhose:
Il faut rechercher une insuffisance hépato-cellulaire (biologie TP protides bilirubine 1 fois par an) traitement: greffe hépatique...
Il faut surveiller lapparition dune hypertension portale ( 1 fibroscopie par an pour évaluer limportance de varices) traitement: Avlocardyl*.
Il faut rechercher un carcinome hépato-cellulaire (échographie, alpha foeto-protéine tous les 6 mois) traitements précoces : alcoolisation (de la lésion!), lobectomie.
Le pronostic en cas de non traitement est donc très lié à la disparition des facteurs aggravants (alcool en particulier) et à la qualité du suivi (compliance du patient)..
5/Que doit-on faire en cas daccident dexposition au sang contaminé HCV+
Le jour de laccident :
- nettoyer la blessure (eau et savon), rincer puis antisepsie prolongée (Dakin ou eau de Javel diluée) .
-Apprécier le risque : profondeur de la plaie, type daiguille, volume de linoculum
-Déclarer 1'accident
-Consulter un médecin spécialiste rapidement (réseau, hépatologues)
-Faire le bilan sérologique initial : Ac anti-VHC, Ag HBs, Ac anti-HBs, VIH chez le sujet potentiellement contaminé.
- Si possible, chez le sujet potentiellement contaminant, idem + ARN du VHC (qualitatif puis, si +, quantitatif) .
Surveillance sous la dépendance du médecin spécialiste et du service référent:
- Transaminases : 2 fois par semaine pendant 2 mois, puis 1/mois pendant 4 mois, ARN du VHC par PCR à M2 Ac anti-VHC à M3, M6
-Traitement anti-viral (non validé) (Interféron 10 MU par jour jusquà normalisation des transaminases) .
27/10/99