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Dermatite atopique

FMC de Tournan - Dr Jean-Paul Gervaisot

Dr Rose-Marie Fischer - dermatologue

et pour les photos, l'aimable autorisation du Dr Jean François STALDER
Professeur des Universités - CHU Nantes


Généralités.

C’est une pathologie fréquente qui grève la qualité de vie de 20% des enfants et 10% de la population en générale. Il n'y a pas de critères diagnostiques précis. On peut résumer la dermatite atopique à l’équation DA= atopie + prurit.

 Les facteurs environnementaux

La DA touche essentiellement les pays riches, la pollution aggrave probablement, mais aussi paradoxalement la bonne hygiène. Il existe un terrain familial et donc probablement un facteur génétique.

 Diagnostic positif. (Echelle diagnostique de Williams)

On définie des critères majeurs dont le principal et constant est le prurit

Ensuite on recherche 3 des critères suivants :

1/Antécédents dermatologiques d’atteinte des plis de la face antérieure des chevilles ou du cou

http://scorad.sante.univ-nantes.fr/cgi-bin/SearchIm2?PCD0499/img0024

2/Antécédents de Xérose (sécheresse de la peau)

3/Antécédents personnels d’asthme ou rhinite

4/Dermatose des plis ou eczéma des joues, du front et de la face externe des membres chez l’enfant de moins de 4 ans

http://scorad.sante.univ-nantes.fr/cgi-bin/SearchIm2?PCD0499/img0036

http://scorad.sante.univ-nantes.fr/cgi-bin/SearchIm2?PCD0404/img0046

5/Début avant l’ âge de 2 ans

En outre sont évocateurs:

-Ichtyose et/ou kératose pilaire et / ou hyperlinéarité palmaire , http://scorad.sante.univ-nantes.fr/cgi-bin/SearchIm2?PCD0404/img0006

-Tendance aux infections cutanées ,

- Eczéma du mamelon http://scorad.sante.univ-nantes.fr/cgi-bin/SearchIm2?PCD0499/img0047

-Chéilite (irritation autour des muqueuses) http://scorad.sante.univ-nantes.fr/cgi-bin/SearchIm2?PCD0499/img0007

- Conjonctivite récidivante

- Pli de Denny Morgan (pli marqué de la paupière inférieure caractéristique chez l’enfant)

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- Kératocône (ectasie conique de la cornée qui se révèle à l’adolescence par un astigmatisme)

- Cataracte antérieure sous capsulaire

- Pigmentation péri orbitaire

- Pityriasis alba (dartres) http://scorad.sante.univ-nantes.fr/cgi-bin/SearchIm2?PCD0404/img0060

- irritation des plis antérieurs du cou

- Prurit à la transpiration

- Intolérance à la laine et aux solvants des lipides

- Dermographisme blanc ou ligne blanche d’apparition retardée au grattage

- Aggravation des lésions sous l’influence des facteurs de l’environnement et de l’ émotion

Aspects cliniques élémentaires

La phase aigue comme suit chronologiquement:

-Une phase érythémateuse

-puis des vésicules avec un aspect émietté de la peau.

-un suintement croûteux

-une desquamation

Rapidement toutes ces phases se téléscopent dans le temps et la dermite devient chronique avec une peau sèche, érythémato-squameuse, des fissures, une lichenification des lésions.

 Chez le nourrisson

La DA commence à l’âge de 2 mois, les lésions cutanées plus précoces sont des lésions de dermite séborrhéique.

Elle touche les zones convexes (cuir chevelu, joues, menton, pouces, région périnéo fessière, thorax...) Mais aussi les plis de flexion.

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Chez l’enfant

Les lésions sont devenues chroniques, moins aigues, le visage est moins atteint à l’instar des plis. Il y a des périodes d’eczématisation aigue.

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Le prurit intense tend à rendre les enfants hyperactifs et anxieux.

Chez l’adulte

Prurit et lichenification, atteinte des mamelons, anus, vulve. Parfois les aspects sont moins spécifiques: eczéma nummulaire, prurigo, dysidrose.

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La xérose est présente, parfois sévère.

Les maladies associées sont:

- Immunodéficits

- vitiligo

- pelade

- urticaire

- psoriasis

Hors recherche de pathologies associées, les éléments biologiques (IgE ou tests cutanés) sont peu spécifiques et sans conséquence ni pour le traitement, ni pour le pronostic.

L’EVOLUTION

En général l’évolution est chronique avec alternance de poussée et rémissions , la DA cède souvent vers l’âge de 3 ans mais il y a possibilité de rechute à l’âge adulte. Il y a peu de retentissement sur l’état général sauf si le traitement est insuffisant ou mal conduit. Le pronostic est lié à l’hérédité, la sévérité dans la petite enfance, l’asthme, la topographie inversée, mais aussi si l’enfant est issu d’une grossesse tardive ou s’il est enfant unique.

La complication majeure est l’infection par herpès virus.

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Les infections par pox virus (molluscum contagiosum) prennent un aspect très amplifié.

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L’impétiginisation est classique et fréquente. http://scorad.sante.univ-nantes.fr/cgi-bin/SearchIm2?PCD0499/img0043

A noter de possibles retards de croissance.

 TRAITEMENT

Principes du traitement

- le patient doit être responsable de son traitement le plus vite possible, pas sa famille.

- l’observance découle d’une bonne compréhension des enjeux.

- l’observance est inversement proportionnelle au nombre de médicaments

En premier lieu: Informer

Expliquer que c’est une maladie liée à un terrain particulier , et qui donc peut durer la vie. Expliquer que ce n’est pas grave mais contraignant.

Donner des conseils d’hygiène, éliminer les gants de toilettes, éviter les savons détergents , les gels douche, les parfums, les antiseptiques. Eviter l’eau calcaire en rinçant: vaporiser la peau avec un pulvérisateur à fleur et de l’eau d’Evian: apprendre à faire des économies car les soins sont très coûteux et peu remboursés.

Suivre consciencieusement les indications de soins, et apprendre le plus rapidement possible à l’enfant à se prendre en charge.

Traitements médicaux de première intention.

Les émollients sont à appliquer immédiatement après le bain. Ils doivent être le plus gras possible. Leur rôle est de restaurer la barrière cutanée et d’éviter les pertes d’eau.

Un obstacle majeur: le prix. Seul le dexeryl* en 250 grammes est remboursé sous réserve de mettre la motion "pour traitement d’une dermatite atopique". La quantité moyenne utilisée varie de 250 à 500 grammes par semaine si le produit est correctement utilisé.

Les dermocorticoïdes .Ils doivent être d’autant plus puissant que la zone à traiter correspondant à une peau épaisse. L’excipient va être déterminé en fonction de la surface à traiter et de la fréquence de l’application. Une application par jour, le soir peut être le dosage de base, qui se définira plus précisément à posteriori.

Les corticoïdes actuellement sur le marché sont très bien tolérés. Les complications sont théoriques si la surveillance est rigoureuse: atrophies, infections. On se méfiera plus des dermites de contact avec certains corticoïdes sur certains enfants.

L’usage de corticoïdes per os reste exceptionnel.

Les traitements sujets à caution.

Les anti H1: totalement inefficaces, seul l’atarax apporte un effet utile, sédatif !

Les goudrons sont retirés du marché

Les antiseptiques sont irritants, asséchants, et sans effet sur la flore cutanée.

Les antibiotiques topiques n’ont pas démontré leur efficacité et induisent des sensibilisations cutanées.

A noter que dans le cadre de surinfection à staphylocoque auréus, les antibiotiques n’ont aucun effet significatif sur le staphylocoque. A contrario les dermocorticoïdes réduisent le staphylocoque et améliore la dermatite.

 La photothérapie A+B s’adresse uniquement à l’adulte.

L’éradication des allergènes de la poussière est sans intérêt pour l’évolution de la dermatite, de même que les régimes alimentaires.

Restent les traitements type Azathioprine, méthotrexate, cyclosporine, très lourds, et les herbes chinoises responsables d’insuffisances rénales.

A venir les bases moléculaires, les inhibiteurs de la phosphodiesthérase, les immuno modulateurs et le tacrolimus par voie locale.

 


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28/03/00