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Par le Dr JP Gervaisot
Préambule.
Ce travail
a pour objet d'approcher la notion de " réceptivité "
au travers des monoamines, des psychotropes et de l'assertorisme cortical. Cette
notion, personnelle, est peut être critiquable ou inexacte. Elle cadre
toutefois suffisamment bien dans l'ensemble de ce travail pour ne pas être
détaillée.
Je l'ai volontairement fait rentrer dans un article plus général
afin de permettre au lecteur de situer cette notion dans le cadre pluridisciplinaire
où s'inscrit le système nerveux central (SNC).
Introduction.
Un objectif
de tout neurobiologiste ou médecin est d'associer un fonctionnement physiologique
ou une sensation à une molécule présente dans le système
nerveux central. Les molécules les plus souvent citées actuellement
sont les neuromédiateurs et particulièrement les monoamines.
Parallèlement, les psychotropes iatrogènes, qu'il s'agisse de
drogues ou de molécules à usage thérapeutique, fournissent
des bases de travail car ils stimulent ou inhibent les systèmes monoaminergiques.
Il serait facile de dégager une expression clinique à rapporter
à la fonction d'une monoamine si chaque psychotrope était spécifique
d'un récepteur précis. Le problème est que ces molécules
sollicitent diversement et simultanément plusieurs types de récepteurs
monoaminergiques.
Classification des sensations en fonction des acquis et de la systématisation
du SNC
Les sensations évoluent probablement peu avec l'âge, on peut penser qu'elles sont pratiquement les mêmes de la naissance au quatrième âge, tout au plus émoussées par le vieillissement. Par contre, la façon de les définir varie avec l'évolution des capacités de verbalisation et de la structuration mentale. Ainsi un adulte qui a une représentation psychique structurée nommera diversement une sensation élémentaire selon l'objet à quoi elle se rapporte, selon sa place dans le temps et selon la forme de cet objet (patent, présent physiquement ou pensé, représenté mentalement). Un nouveau né qui a une moindre représentation psychique ressentira la même sensation dénuée de tout lien avec un objet de la vie extra-utérine.
On pourrait
ainsi décliner certaines sensations en fonction de la structuration mentale
et du temps, sans toutefois considérer que les sensations évoquées
ci dessus, toutes élémentaires qu'elles soient, soient spécifiques
pour chacune d'elles d'une monoamine précise:
Expressions physiologiques des monoamines et classification des sensations.
L'expression clinique physiologique des monoamines, si elle existe, se traduira par un phénomène élémentaire, sans objet, sans consonance motrice, puisque d'essence prénatale, elle précède l'existence même de l'objet ou du phénomène de motricité.
Les recherches actuelles tendent à montrer que ce qui concerne la première ligne de classification des sensations en fonction des acquis (bien être, extase, satisfaction ) est sous la dépendance du système dopaminergique. Elle est sous diverses dénominations, retrouvée dans l'usage de beaucoup de drogues (bien-être infini de l'héroïnomane, orgasme mentale du cocaïnomane). Ce constat est normal puisque l'on sait que la plupart des produits qualifiés de " drogue " agissent indirectement sur le système dopaminergique.
La ligne suivante de classification évoque les afférences nociceptives et, dès qu'il y a systématisation ou représentation psychique, la douleur sous toutes ses formes. Elle évoque donc indirectement les enképhalines. Les consommateurs d'opiacés ont recours à ces produits pour, outre la recherche d'un bien être infini précité, échapper aux désagréments d'une vie normale détaillés dans la ligne de classification. On retrouve ce comportement chez les usagers de cannabis, d'alcool et de benzodiazépines pour le versant moral essentiellement, même si alcool et benzodiazépines ont des vertus antalgiques. Le mécanisme d'action de ces deux derniers produits est bien connu puisqu'il s'applique sur le système GABAergique, puissant inhibiteur du système nerveux central : ses applications coulent de source (cf article).
La ligne " excitabilité " semble être sous la dépendance du système adrénergique qui est considéré communément comme le système du stress. On retrouve ce phénomène particulièrement avec la cocaïne, les amphétamines et leurs dérivés, mais aussi avec les stéroïdes.
La ligne " réceptivité " est évocatrice de deux type d'usage de drogues : les psychodysleptiques (cannabis, LSD) et les produits type " cocaïne, amphétamine ". Dans les deux cas, les usagers décrivent une perception accentuée de l'environnement. C'est pour certains, une des motivations de l'usage. Les produits et donc les consommateurs sont très différents puisque le versant " excitabilité " n'existe pas dans les psychodysleptiques. La sérotonine qui est une monoamine, a été évoquée pour le cannabis. On peut se demander si cette monoamine n'est pas le support de la réceptivité. (cf article suivant).
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Dernière mise à jour le 21/04/01