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ESSAI DE MODELISATION NEUROBIOLOGIQUE


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MODELE NEUROBIOLOGIQUE MINIMUM

Le modèle neurocybernétique de base doit différencier 2 conditions de fonctionnement, un fonctionnement faisant appel à la conscience et un fonctionnement ne faisant pas appel à la conscience.

Le modèle ne faisant pas appel à la conscience de l’individu.

Ce modèle sous-entend que tout le contexte dans lequel évolue l’individu à un instant T est un contexte déjà vécu et parfaitement intégré dans ses praxies.

Prenons l’exemple de monsieur Dupont qui va à son travail avec son véhicule. Il ne se passe durant ce trajet rien de nouveau qui éveillerait l’attention de notre homme.

D’un point de vue cortical, le déroulement des différentes praxies, parfaitement intégrées, se fait automatiquement. Monsieur Dupont "fonctionne" sur un modèle type et les variantes issues de son expérience consciente. Les événements intégrés (cortex frontal ?) vont engendrer une activité physique via le cortex moteur, les voies pyramidales et extra-pyramidales. Le retour sensoriel se fera de façon inconsciente vers un système de référence qui sera en quelque sorte le calque de l’activité théoriquement attendu. Ce calque peut très bien être la structure (frontale) initiatrice des activités praxiques, mais ce peut être plus logiquement une autre structure : le cervelet. En l’absence d’incongruence entre le retour sensoriel et le calque, il n’y aura aucune prise de conscience. Monsieur Dupont arrivera à son travail, incapable de dire la couleur des différents feux tricolores qu’il a pu traverser, ni le nombre de véhicules qu’il a croisé ou le nombre de fois où il a pu changer de vitesse.

Si un événement nouveau se produit, il y aura incongruence entre les "néo-afférences" sensorielles et le calque ...

Le modèle faisant appel à la conscience.

Le modèle faisant appel à la conscience de l’individu sous-entend la notion d’événements nouveaux, non intégrés dans la mémoire corticale et plus particulièrement dans une praxie quelconque et exigeant donc une prise de conscience agréable ou désagréable, susceptible de déterminer une réaction de l’individu, réaction qui tend à intégrer cette situation nouvelle aux praxies (automatiques) de l’individu.

Cette approche sous-entend donc que le fonctionnement cortical et plus particulièrement l’apprentissage ont pour but d’automatiser l’individu et de réduire sa prise de conscience au minimum.

Reprenons l’exemple de monsieur Dupont et imaginons que son trajet habituel se voit gratifié d’un sens interdit. L’afférence "sens interdit" ne trouve pas de praxie ayant pré-intégré cette variante. L’expérience montre que monsieur Dupont va prendre conscience de ce nouvel état de fait. Cela sous-entend que l’arrivée d’afférences sensorielles non connues de la structure "calque" va stimuler l’état de veille de l’individu, c’est à dire la réticulée activatrice. On peut penser que cette stimulation de la réticulée activatrice se fera soit directement par la structure calque, soit via une structure nociceptive (thalamus ou voies spinales nociceptives), soit de façon moins probable via une structure de plaisir ou de système de récompense (système dopaminergique). La prise de conscience des événements extérieurs fera que monsieur Dupont va élaborer un nouveau plan de circulation qui l’amènera à son travail. L’exploration de ce nouveau trajet sera parsemée de déboires (autres sens interdits, difficultés de circulation) et de satisfactions (passages faciles, gain de temps). Ces sensations désagréables ou agréables détermineront une sélection d’alternatives dans le trajet à venir. L’accession à l’état de veille a donc la particularité de favoriser les interactions entre différentes praxies mémorisées, praxies qui habituellement ne fonctionnent pas de concert. Les différentes structures, nociceptives ou de récompense, permettant l’accession à l’état de veille, seront déterminantes dans l’intégration ou la non intégration de certains choix lors le trajet.

Monsieur Dupont, à son arrivé au travail, gardera prioritairement en mémorisation récente cette notion de "sens interdit " nouveau et peut être tout ou partie du trajet possible de remplacement.

La répétition jour après jour de l’obstacle "sens interdit" aboutira à ce que la manœuvre de modification du trajet habituel entrera dans les automatismes et se fera donc sans prise de conscience. On passe donc de la mémorisation (consciente) à l’intégration avec perte de conscience et donc au modèle précédent. Tout cela suppose une modification des aires de conception et de contrôle (calque).

Essayons d’appliquer cela aux structures corticales :

Monsieur Dupont a, par sa prise de conscience, mémorisé l’événement et élaboré une solution. Cela laisse supposer que le système d’activation de la conscience a un effet facilitateur sur la mémorisation, sur les interactions entre neurones (de praxies différentes) et sur l’élaboration de nouvelles alternatives pragmatiques. Cet effet facilitateur favorise l’élaboration. ( Cet effet apparaît nettement dans les névroses où toute activité exige initialement un effort presque insurmontable, puis se fait facilement une fois démarrée). La prise de conscience peut donc être le fait de l’activation de la réticulée activatrice.

A contrario, en reprenant le modèle précédent de "non conscience", on peut se demander si la structure "calque ", lorsque qu’elle n’est pas perturbée par des néo-afférences, aurait soit une absence d’effet soit un effet inhibiteur sur les mécanismes de prise de conscience et donc sur les mécanismes de mémorisation. Ce peut être une action sur la réticulée inhibitrice.

La prise de conscience va permettre à l’individu de chercher des solutions alternatives. Toute solution tendant à résoudre le problème, va engendrer une satisfaction et donc une activation du système de récompense, le système dopaminergique. Il va s’en suivre une intégration corticale de cette solution. Le système dopaminergique a donc la possibilité de favoriser la mémorisation via différentes voies, frontales mais aussi endocriniennes (surénalienne via adrénaline et noradrénaline pour des mémorisations rapides, voie potentielle des traumatismes, mais aussi stéroïdiennes en général car les stéroïdes sont des psychotropes et certains d’entre eux paraissent de plus en plus incriminés dans les capacités d’adaptation d’un individu). Accessoirement, il y aura une réduction de l’état de veille ou d’alerte devenue inutile. Cette réduction peut être due immédiatement à l’action du système dopaminergique ou après intégration à l’action de la structure calque sur la réticulée activatrice ou inhibitrice.

"A noter que l’adrénaline ou la noradrénaline ne sont pas obligatoirement vassalisées au système dopaminergique mais plus probablement à une surexcitation globale du cortex, y compris nociceptive"

L’absence ou l’échec de solutions alternatives va avoir un effet désagréable. La stimulation du système nociceptif (voies médullaires ou thalamus) est donc vraisemblable. Cette activation va éviter l’intégration des solutions inadaptées et probablement stimuler la réticulée activatrice pour obtenir un état de veille susceptible de trouver d’autres solutions. Une absence de solution va engendrer une stimulation surénalienne ou thalamique excessive et donc des troubles du comportement qui seront soit d’ordre violent (la stimulation exagérée du système adrénaline-noradrénaline par la cocaïne engendre des comportements paranoïaques typiques), soit de l’ordre du repli.

Inhibition (thalamus?) .Ce repli n’est pas sans rappeler les comportements névrotiques face aux douleurs, quelles soient morales ou psychiques.

Dans cette hypothèse schématique, le système dopaminergique apparaît plus comme un système facilitateur non spécifique du passage au niveau neuronal, donc de l’apprentissage, cette facilitation passant pas un phénomène de plaisir ou de satisfaction. L’expérimentation sur le rat montre que sa stimulation directe engendre en outre un degré d’excitation : la sensibilisation comportementale, et un état de besoin. Je serais tenté de définir cet état de besoin comme une composante de ce qui pourrait être la forme la plus élémentaire du deuil et devenir un deuil sans objet si l’animal ou l’homme ne peut plus accéder à cette satisfaction. Chez les héroïnomanes où l’opiacé stimule intensément le système dopaminergique, touche tous les récepteurs membranaires neuronaux qu’ils soient systématisés ou non, sur des neurones activés ou non, Il est important de noter que l’arrêt engendre un état de besoin, que l’opiacé n’a pas de représentation psychique, et que la sortie de la toxicomanie par un état de deuil.

A travers cette remarque, le système dopaminergique peut donc apparaître comme très aspécifique, ayant plus un effet globalement facilitateur dans l’activation neuronale, le biais principal de l’exemple toxicomaniaque étant que la voie humorale n’est pas une voie très systématisée et l’on ne retrouve pas physiologiquement des masses d’endorphines circulantes en dehors de tout circuit neuronal que pour des activités particulières comme des efforts intenses et prolongés (marathon par exemple)...

A travers la biographie d’un individu et l’évolution des fonctions primaires génératrices d’état de besoin et de satisfaction (alimentation, défécation, miction, hors comportement addictif), il est intéressant de constater que le vieillissement du système dopaminergique engendre des comportements "obsessionnels " caractérisés par une focalisation sur ces fonctions primaires. Ainsi la traduction consciente de ce déficit est la recherche par le patient de dysfonctionnements allégués sur ces fonctions qui habituellement généraient un état de satisfaction et ne se sont pas pour autant modifiées.

Le système nociceptif.

On peut décliner les sensations nociceptives de la douleur localisée, précise, à l’état de mal être indéfini.

La douleur localisée, précise, peut être autant un élément de stimulation de l’état de veille qu’un élément faisant partie intégrale d’un apprentissage et dans le rôle est avant le "non apprentissage ". Dans le deuxième cas de figure, plus intéressant, on peut se demander si l’élément nociceptif n’intervient au niveau cortical en interdisant l’intégration assertorique d’une alternative praxique. L’élément nociceptif peut aussi bien être un mouvement douloureux qu’une blessure ou un vécu désagréable de l’alternative.

Il suffit donc de voir au niveau cortical qu’elles sont les structures intéressées par les phénomènes nociceptifs (voies extra-lemniscales, thalamus) et la nature des efférentes de ces structures (faisceaux efférents, sécrétions humorales, sites sur lesquels ils agissent, activités inhibitrices ou activatrices).

On notera toutefois que le stress via les catécholamines, augmente l’état de veille, donne une impression de ralentissement du temps et ne favorise pas la mémorisation : ainsi, l’évaluation du potentiel intellectuel des gens lors de situations stressantes un peu prolongées, montre une chute indiscutable du QI. De la même façon, à l’occasion d’accidents, les victimes ne mémorisent pas les instants qui ont précédé l’accident. Il y a donc un effet inhibiteur sur la mémorisation et donc l’intégration praxique.

Dans un contexte artificiel, agréable, l’usage de produits à effets équivalent, ne nuit pas à la mémorisation (cocaïne, amphétamines). Il est donc logique de penser que ce processus de non intégration se fait via un équilibre entre le système dopaminergique et le système nociceptif, la sensation prépondérante étant déterminante dans le processus de mémorisation (si la sensation est agréable, il y a mémorisation). Dans des structures comme les sectes, l’usage de drogues à effet dopaminergique favorise l’intégration et donc l’acceptation de la mystification.

L’approche de la notion de traumatisme au sens psychologique, c’est à dire événement douloureux ressenti au présent par la victime, amène à une autre approche du système nociceptif. Il importe de noter que le traumatisme guérit par une dépression. Le traumatisme est caractérisé par un événement passé, douloureux, qui continue comme s'il était vécu au présent. On dépasse la perception initiale périphérique pour une représentation psychique d’un événement passé, représentation psychique sur laquelle la conscience revient anormalement fréquemment et qui engendre une douleur morale.

L’analyse de cet état est évocatrice d’un seuil de prise de conscience anormalement bas. Ce seuil de conscience tient au fait qu’il n’existe pas de solution praxique pour résoudre la problématique générée par le traumatisme. (exemple : Un décès brutal pour lequel la personne endeuillée n’avait pas anticipé un avenir sans la personne décédée). Les éléments de vécu au quotient ramène la personne traumatisée à son deuil et aux problèmes qui s'y rapportent. Cette impossibilité à passer dans un registre assertorique engendre une excitabilité neuronale temporairement non solutionnable, une stimulation de l’état de veille et du thalamus (car il y a vécu douloureux). La stimulation persévérante du thalamus, l’état psychique douloureux qu’il engendre, associés à l’absence de projection dans l’avenir bien objectivable par cet aspect en cul de sac de la pensée sur le champ de conscience, définit l’état dépressif.

Une stimulation anormalement intense du système nociceptif central, engendré par une multitude de micro-sites traumatiques douloureux ou de simples impasses praxiques peuvent engendrer une souffrance morale intense aspécifique du fait de l’aspect futile de chaque micro-problèmatique.

De même, suite à des accidents cérébraux morbides générant des lésions interférant dans les praxies et images corticales, l’aspect impasse résiduel peut engendrer des états dépressifs involutifs sous réserve que les circuits nociceptifs soient encore effectifs (la clinique montrant qu’il existe des états dit frontaux d’indifférence affective, cela laisse supposer que les retours nociceptifs vers le thalamus sont essentiellement stimulateurs).

Autre aspect de l’hyperexcitation neuronale

La clinique montre également que l’hyperexcitation neuronale dans un contexte nociceptif, engendre chez certaines personnes des troubles périphériques de type spasmophile. On peut imaginer que ces hyperexcitations s'évacuent de façon non systématisée vers les motoneurones et se traduit en périphérie par une hypercontractilité neuro-musculaire (ce peut être aussi une libération paroxystique du réflexe myotatique). Cette hyperactivité musculaire peut toucher uniquement le faisceau géniculé ou l’ensemble des faisceaux moteurs.

Autres aspects.

Le fonctionnement de la motricité. : L’épilepsie, les crises comitiales, les crises de spasmophilies : de la panne neurologique à l’excès d’inhibition : pourquoi des conditions métaboliques non compatibles avec un fonctionnement neuronal engendrent des mouvements périphériques. Et si la motricité se faisait par désinhibition du réflexe myotatique.

Les acouphènes : quand les pannes engendrent des bruits

Les autres systèmes mono-aminergiques.

Le sommeil.

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Dernière mise à jour le 02/03/99