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ASSERTORISME ET BENZODIAZEPINES
Les benzodiazépines ont pour sites dactions les récepteurs gabaergiques. Elles potentialisent les effets du gaba sur ces récepteurs.
Le gaba est un puissant inhibiteur neuronal. Son accrochage au site permet louverture du canal ionique. Cette ouverture du canal ionique dans le récepteur gaba, va engendrer une hyperpolarisation de la membrane du neurone. Cette hyperpolarisation va limiter le passage du flux neuronal par ce neurone.
Dautres molécules comme lalcool ou le méprobamate ont la particularité de potentialiser leffet du gaba.
A léchelle du système nerveux central, il y a une population limitée de neurones gabaergiques, cest à dire susceptibles de sécréter du gaba. Par contre, tous les neurones sont porteurs de récepteurs gaba, cest à dire que tous les neurones sont inhibables par le gaba.
La traduction à LEEG de la prise prolongée de benzodiazépines est relativement constante quelque soit la molécule. On constate une accélération du rythme de fond à dose thérapeutique (14 à 17 cycles par seconde). Les modifications de lamplitude sont variables.
Il existe une corrélation positive entre les modifications EEG et leffet anxiolytique.
Dans le cadre du sommeil, on constate les premières semaines une augmentation de la durée totale du sommeil au détriment des phases dendormissement, de sommeil profond et de sommeil paradoxal. La phase de sommeil lent est régulièrement augmentée. Dans les semaines qui suivent, la part de sommeil paradoxal redevient normale, avec perte de lefficacité du traitement.
Discussion.: Plutôt un effet écrêtant .
Si les benzodiazépines, via le gaba, avaient la particularité dinhiber totalement les neurones, la prise de ces molécules engendrerait une panne corticale générale. Il est donc logique dadmettre que linhibition est partielle et porte plus sur certains neurones que dautres.
Les benzodiazépines sont définies comme anxiolytiques, ce qui ne représente rien du point de vue dune modélisation neuro-biologique. Langoisse ou lanxiété sont la résultante du conflit plaisir/réalité. Sur le modèle assertorique, le principe de plaisir sinscrit dans le champ assertorique en qualité de contenu et dafférence: Ce plaisir peut se dissocier en stimulations dopaminergiques associées à une représentation psychique acquise dans le néocortex. Le principe de réalité correspond au vécu des afférences extérieures. Le conflit anxieux traduit lincongruence entre la représentation psychique et les afférences extérieures. Lorsque lhyperexcitabilité, et létat de veille qui en découle, ne séteignent pas faute de ladaptation possible dune praxie, il sy associe une sensation plus dordre nociceptive que lon qualifie dangoisse.
Dun point de vue EEG, une remarque, la prise de bzd augmente le rythme de fond à linstar de louverture des yeux ou de leffort intellectuel. Cela va à lencontre de la notion dhyperpolarisation membranaire gabaergique qui engendrerait des rythmes lents type delta, retrouvés dans le sommeil profond, dont ces mêmes bzd réduisent la durée.
En clinique, on constate une amélioration ressentie des performances psychiques chez les gens anxieux, leffet hypnotique est peu ou pas ressenti, les gros consommateurs addictifs vivent même cet effet comme stimulant malgré une évidente somnolence. Par contre, chez les sujets non anxieux, la prise de bzd est plutôt vécue comme hypnogène et ralentissant les performances psychiques. Cette prise est dautant plus mal tolérée que les gens sont "satisfait de leur état normal" .
Force est donc de constater que les bzd, à travers le système gabaergique ont plutôt un effet régulateur, écrêtant autant le stress nociceptif que le bien être dopaminergique. Les différents aspects électro encéphalographiques confirme cet aspect modulateur: accélération du rythme de base, réduction du sommeil paradoxal (ondes rapides) et du sommeil profond (ondes lentes). Leur action inhibitrice est apparemment prédominante sur les systèmes les plus actifs au moment de la prise.
Benzodiazépines et assertorisme.
Les effets des bzd sont des effets dont le sujet à conscience. Il ny a donc pas deffet direct et donc de modification sur le champ assertorique. Lhyperpolarisation gabaergique serait plutôt à priori un obstacle aux acquisitions neuronales.
Toutefois, laspect répressif sur des mécanismes inhibiteurs prédominants (nociceptifs sus évoqués) laisse présager que dans un contexte stressant, la levée du stress par des bzd peut permettre des acquisitions cognitives. En ce sens, un individu régulièrement stressé peut voir ses acquis se développer sous bzd, doù la genèse indirecte de champs assertoriques par levée dinhibition.
On constate chez certains sujets, de façon occasionnelle, des troubles de type ictus amnésique avec comportements automatiques. Les bzd ont également un effet inhibiteur dhyperpolarisation des cellules de lhippocampe. Ce dernier intervient de façon déterminante dans la mémoire immédiate, cela peut donc expliquer laspect "ictus amnésique", leffet en outre est dose dépendant.
Dernière mise à jour le 03/03/00